Lundi 24 décembre 2007

(où de l'influence des tribulations du poney Junior sur les droits de la femme en France).

poney.jpg


Il y a quelques temps de cela, M. Gérard X. a sodomisé son poney, dénommé Junior. Jusque là, rien de bien décisif quant à l'évolution du droit des femmes dans notre société.

Pourtant, le 4 septembre dernier, un événement allait conférer une tournure singulière à l'affaire : la juridiction suprême a condamné M. Gérard X. pour sévices envers son animal. M. Gérard X plaidait le jeu : il s'agissait uniquement de jouer, d'ailleurs Junior était consentant, et la justice avait condamné une première fois M. Gérard X sans avoir aucunement constaté la violence, la brutalité ou les mauvais traitements qu'aurait subi l'animal.

C'est là que la Cour de cassation prend un virage inattendu : elle confirme la condamnation de M. Gérard X au motif : "Qu'en effet, des actes de pénétration sexuelle commis par une personne sur un animal constituent des sévices de nature sexuelle au sens dudit texte"

Sauf que ledit texte parle bien de sévices, non d'actes : si bien que désormais l'animal, au contraire de la femme, n'a pas à rapporter la preuve de l'absence de consentement pour faire condamner un prévenu.

Le poney est donc mieux protégé en France que la femme.

C'était la bonne nouvelle du jour.

Et bonnes fêtes à tous.

PS à ne lire exclusivement que par Ada et Aurélia : figurez-vous que l'on parle de vous dans les soirées mondaines de la Varenne Sainte-Hilaire, le samedi soir. En effet, constatant que les gens qui n'ont pas la télé sont de gauche (voire que ceux qui n'ont pas DU TOUT la télé sont d'extrême-gauche), et vu les moues dubitatives que mon affirmation provoquait, j'eus recours à un double exemple de gens qui n'ont pas la télé et sont de gauche. On est célèbre, et on ne le sait pas.

Lundi 18 juin 2007
Dernière minute : Borloo remplacerait Juppé et serait donc promulguré ministre d'Etat, et n°2 du gouvernement. Voilà qui renforce la loi de la science administrative, qui veut que plus tu fais de conneries (TVA sociale), plus tu montes. Je sais ce qu'il me reste à faire.

Date :  18/06/2006 00:53
Objet :  Votre blog est validé sur over-blog.com


Quel curieux pays où un ministre doit démissionner parce qu'il n'a pas réussi à  être député  ! C'est-à-dire qu'au moment où il a l'assurance  de pouvoir entièrement se consacrer entièrement à son labeur,  il doit abandonner.

Pourtant, la constitution prévoit bien que les ministres sont nommés. Pas élus. Et cependant, il  faudrait désormais qu'ils aillent se chercher une légitimité populaire en se présentant aux législatives pour mieux pouvoir, s'ils sont élus au Parlement, démissionner le lendemain de leur élection et retourner se consacrer à leur ministère. Ils auront ainsi démontré qu'ils ont la confiance du peuple, confiance qu'ils sollicitent, et déclinent une fois obtenue. A vouloir être plus démocratique que la constitution...

Ce qui, surtout, pose le problème crucial de l'organisation du pot de mon ex-collègue M. qui pourrait donc voir ses fonctions écourtées de 4 ans et 11mois, et qui avait projeté ce jour l'organisation d'un pot de départ qui pourrait se transformer en pot de revenu, ou voir être annulé tout simplement. Ce qui serait fort fâcheux car enfin ces pots sont l'occasion de se faire servir du champagne par les méga-chefs (qui aiment, en ces occasions, afficher leur démagogie) et donc d'être à peu près bourrés à cinq heures de l'après-midi, au boulot, devant la hiérarchie, en toute légitimité.

Ces pots sont d'ailleurs très prisés : c'est-à-dire que tout le monde y est. Bon, moi, c'est normal, il s'agit quand même de faire le point sur des dossiers transversaux avec mes collègues des autres services ("ah bon ??? elle couche avec lui t'es sûr ???"), mais ce qui est plus surprenant est que sont là les méga-chefs, les giga-chefs et les téra-chefs. C'est surprenant car il est toujours très compliqué de monter une réunion avec deux d'entre-eux à la fois, vu leur agenda qui déborde de toutes parts. Et puis là, c'est bon, tout le monde se libère, les dossiers top-urgents vont miraculeusement pouvoir attendre (il convient tout de même d'arriver en retard pour afficher sa charge de travail).

2 raisons : d'abord montrer qu'on a été invité. C'est toujours bon pour le networking de montrer qu'on pratique déjà le networking, car le networking génère le networking, le networking se sédimentant sur des couches précédentes de networking. Ensuite, faire avancer les dossiers dans un cadre informel, donc plus propice à l'échange et l'avancée des idées.

En attendant le pot, me voilà de retour de déjeuner. Je réalise que la tenue d'un blog prend du temps, que justement du temps je n'en dispose plus trop et que par ailleurs je souhaiterais accomplir ma légende personnelle par la réalisation de moi-même à travers mon implication dans des formes d'art plus abouties (plus exigeantes aussi).

E la via (formule que j'ai longtemps employée à tout bout de champ, avant que ma pote Chiara, sicilienne de son état, me fasse poliment remarquer que ça voulait dire "c'est la rue" et non pas "c'est la vie", alors depuis j'ai arrêté).

Je vous embrasse donc.

PS : si tu tapes "bobtheflash" sur Google, tu obtiens une redirection vers "bobzeflash"
Dans une gloire si immarcescible, je ne peux donc que me retirer (l'idée de ce blog étant de placer "immarcescible", que là, c'est fait).
  
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par Bobzeflash publié dans : On s'en fout
Mercredi 6 juin 2007
Il se trouve que, à certaines périodes, dans mon éco-système, tout le monde se met à fermer sa porte et téléphone toute la journée afin de bénéficier de certaines opportunités en terme de postes. Les postes les plus prisés étant ceux de conseillers en cabinet (mais pas prisé de moi, par exemple, parce que passer sa journée et sa soirée à pondre des notes TTU, gérer des commandes ASAP et recevoir des mécontents avec mission de les endormir sans régler leurs problèmes, ça va bien, ça m'intéresse pas. C'est là, ami lecteur, que tu me dis : ben ça tombe bien, vu qu'on te le propose pas. Et là, je serais bien tenté de te répondre subtilement : ta gueule sauf qu'on se connaît pas bien, en somme, et que je ne voudrais pas te froisser, mais enfin si tu pouvais rester à ta place, ce serait pas plus mal, merci).

L'avantage de si tu es appelé à travailler en cabinet, c'est que tu pars dans les dix minutes (ceci n'étant pas une expression : tu pars vraiment dans les dix minutes). Et du coup, pour les gens qui veulent partir mais pas en cabinet, c'est plus long puisqu'on te fait valoir les nécessités du service (c'est là que le titre prend son sens) et que ton départ est du coup reporté à 10 minutes + 1 mois.

Reste à gérer l'effet bout du tunnel. Dans un contexte particulier puisque je travaille davantage pour mon nouveau poste potentiel (parce qu'en plus rien n'est sûr) que pour l'actuel. Et puis, pour pas changer, je vais avoir une chef. Qui me paraît plus étanche intellectuellement que la précédente. Et puis, bon, si je puis me permettre, pas désagréable non plus à regarder (enfin de corps surtout. Parce que de tête, c'est curieux quand même, si tu prends chaque organe individuellement ça va, mais l'assemblage a été un peu fait en dépit du bon sens)(et la levrette, c'est fait pour les chiens ?).

D'autres nouvelles du front sitôt que possible.

(D'ailleurs : 1 mois tout rond. Sarko n'a toujours pas réouvert les camps. Mais qu'est-ce qu'il fout ?)
par Bobzeflash publié dans : On s'en fout
Mercredi 16 mai 2007
A Noël, le père Noël a amené à mon fils le jeu d'Arthur et les Minimoys. Troooooooop top. Sauf que ce connard de père Noël n'a pas vérifié la compatibilité de son cadeau avec la puissance de mon ordinateur.

Du coup, bien sûr, impossible d'installer le jeu. Et gestion de la frustration d'un jeune enfant ne pouvant jouir de son cadeau le matin de Noël.

Pas grave, fiston. Papa va prendre les choses en mains : il suffit de passer à la puissance au-dessus. Et même, tant qu'on y est, Papa va tout monter lui-même. Et voilà. T'es fier ?

Examen de la situation après cinq mois

Reprenons la chronologie, puis nous passerons au bilan de l'opération.

1ère étape : se renseigner sur le net pour savoir s'il y a des sites présentant des petits dessins tout bien faits qui expliquent tout. Je vous conseille choixpc.com où vous pourrez lire en introduction "
Fort de mon expérience personnelle dans ce domaine, permettez-moi de tenter de vous en dissuader", soit le meilleur conseil reçu depuis lors.

2ème étape : se renseigner auprès d'un collègue afin de connaître un peu ce qui se fait, ce qui est compatible ou non, etc. Choisir un collègue avec lequel la dégradation des relations ne vous affectera pas exagéremment.

3ème étape : commander sur internet. Par exemple, sur LDLC.com, très pro, rien à dire.

4ème étape : devant les yeux ébahis de votre enfant, qui vous classe jusqu'alors entre Superman et les 4 Fantastiques, vous entreprenez le montage de votre PC. Vous allumez : ça ne s'allume pas.

5ème étape : vous expliquez à votre fils que c'est tous des enculés et que bordel les gamins avant n'avaient pas tout ça et étaient tout aussi heureux.

6ème étape : après des tests en tous genres et en tous sens sur tout et n'importe quoi, vous décidez que c'est la carte mère. Vous la renvoyez.

7ème étape : retour d'une nouvelle carte mère. Vous réinstallez tout. Vous allumez : ça ne s'allume pas.

8ème étape : traverse votre esprit la tentation d'aller chez le réparateur Surcouf, mais bon on a sa dignité quand même, et vous craignez de ne pouvoir gérer cet aveu d'échec.

9ème étape : vous transportez votre ordinateur au boulot, vous mobilisez une matinée deux personnes, dont un informaticien (un mec que son métier c'est l'informatique). Ils réinstallent tout. Vous allumez : ça ne s'allume pas.

10ème étape : vous allez chez le réparateur Surcouf. Le préposé, Gaëtan, allume : ça s'allume. 70 euros.


Afin de ménager un suspens désormais insoutenable (car, ben oui, ce n'est pas fini) (et puis moi je dois aller chez moi prendre un bain en écoutant de la trans goa et en lisant Edika) nous nous en tiendrons là pour cette première partie.
Programme de la deuxième partie : est-ce que ça s'est rallumé à la maison ? peut-on aller sur Internet quand on a perdu son disque d'Internet? comment gérer les relations avec le collègue qui vous disait il y a 5 mois : mais oui oh là là c'est trop facile maintenant tu vas voir ?(et toute cette sorte de choses)
Mardi 15 mai 2007
Mais quoi mes articles i sont trop longs ?

Je vais pas sombrer dans le post minimaliste et commercial juste pour te faire plaisir non ?

N'importe quoi, l'autre.


Vous pouvez vous-même générer votre propre mappemonde ici.

Certes, j'ai "visité" 12 % de la planète, ça peut sembler peu, mais le seul fait notable de cette carte est le petit point rouge à droite de Madagascar vu que c'est un peu le plus beau pays du monde, merci.



Au risque de rallonger cet article, je souhaiterais entreprendre un certain nombre de PS individualisés assez indispensables :

- à l'attention de mademoiselle D. : lorsque tu souhaites sortir de ton côté avec ta copine, évite de te rendre tout droit dans un bar où bosse un de mes potes... (quelle erreur tactique de débutante ! j'en ris encore) ;

- à l'attention de mademoiselle A. van A. et monsieur F.P. : je veux croire que vos invitations pour samedi soir ne relevaient que d'une mauvaise plaisanterie. Il est bien évident que samedi soir j'étais devant ma télé pour assister au vol de notre trophée (oui on nous l'a volé, si on l'a pas gagné cette coupe, c'est bien qu'il y a une raison).

- à l'attention de monsieur F.P. : alors sous prétexte que je ne peux me rendre samedi à ton invitation en raison d'un empêchement grave et majeur, toi t'invites ma nine ! Et pourquoi j'inviterais pas la tienne à dîner tant qu'on y est ? (ah oui non c'est déjà fait).
Lundi 14 mai 2007
Il existe dans mon service une créature prénommée Ariane (attention, ici il s'agit d'un exemple d'Ariane, ce n'est pas ma collègue Ariane à moi). Elle présente une plastique fort bienvenue, avec la répartition des graisses exigée culturellement (pas trop en bas, pas mal en haut) et une allure générale non dépourvue de prestance et d'allant. En outre, ce qui ne gâche rien, elle se vêt de manière accorte, avenante mais pas outrancière. Bref, il s'agit d'une créature "sobre et de bon goût" comme qui dirait (ami lecteur, je vois bien que te voilà perdu. Tu ne sais pas à quoi correspond une créature "sobre et de bon goût", et tu as peur d'avoir l'air bête en demandant. Ne bouge pas, voici une illustration qui contribuera à ton édification).

Comme elle est bonne et blonde, elle passe bien sûr pour une teubé, non seulement chez certains de mes collègues, mais, ce qui me surprendra toujours, également chez certaines. Or teubé, elle ne l'est guère, et même, dirais-je, elle est dotée d'un esprit primesautier fort rafraîchissant (par exemple, une image amusante issue du déjeuner de ce midi : elle me confesse se prendre volontiers la tête, plus que de raison, dès qu'il s'agit d'amour, et se visualise dans une formule 1 en plein circuit, avec son copain qui agite de grands drapeaux pour lui faire signe que c'est bon, elle peut rentrer au stand, c'est par là, et elle ne le voit pas et continue à faire des tours).

Or donc, nous allâmes déjeuner ce midi, elle et moi. A la suite de quoi, pris dans la conversation, je l'accompagne à la pharmacie qui fait l'angle au bout de la rue. Alors que nous cheminions, tout en devisant, ne voilà-t-il pas qu'un scooter freine et qu'un individu non casqué lui lance :


"t'es bonne toi !"     (confirmant ainsi mes propos ci-dessus)

et repart aussitôt, sans attendre de réponse, sans même chercher à savoir si son intervention avait porté et s'il était désormais en mesure de pousser plus loin son avantage.

Je pensais alors, naïvement, que je retrouverais une Ariane offusquée : eh bien pas du tout. Elle me précisa que, certes, si l'individu était à portée de voix, elle l'injurierait copieusement, mais maintenant que le malotru était loin, il ne lui restait plus qu'à savourer "le plaisir d'être bonne aux yeux des passants".

Comme quoi, Messieurs, n'hésitez jamais à être lourds, il en restera toujours quelque chose.
Vendredi 11 mai 2007
Mais qu'est-ce que c'est encore que ce rêve tout pourri que j'ai fait moi ? J'étais dans une grande maison en Charente (maison où je me suis rendu au cours de l'été 1986), j'étais tout seul car bloqué par la neige avec une machine à écrire comme seul outil de communication (ambiance Shinning), et je perdais les eaux.

Je ne vais pas bien.

Je peux pas rêver de tambourins et de trompettes comme tout le monde ?
par Bobzeflash publié dans : On s'en fout
Jeudi 10 mai 2007
La tension était là. La sombre affaire de cet été encore dans les coeurs de chacun, qui tentait,  au tournant de la dernière levée,  de dominer l'émotion qui l'étreignait, tout en essayant de donner le change.

Une manche partout ; dans la belle, chaque équipe à portée de la victoire finale. La donne qui s'annonçait maintenant pouvait entraîner le triomphe des uns, la déchéance des autres. Nous étions dans le money time ; même le trash talking n'avait plus lieu, tant la concentration était à son paroxysme. Sophie jouait la décontraction lorraine, mais n'abusait personne. Fred reprenait une bière, mais on savait ce qu'il en était. Phastène suait. Dans ma tête, tout tourbillonnait.

Je me sert les dernières cartes. Deux fausses cartes et six atouts.  Un vertige me saisit.  Certes, une victoire nous ferait  passer devant, et même gagner la partie, mais un capot rajouterait l'humiliation à leur défaite, et on ne se vengera jamais assez de toutes ces parties perdues (et donc jamais narrées ici).
J'allume une cigarette (la cigarette me rend malade mais c'était histoire d'entretenir leur fébrilité).

Sophie annonce un 100 carreau. Le ton est donné. La drôlesse entend nous asséner un coup fatal en démarrant haut, mais les ambitions semblent démesurées et les appétits aiguisés. Phastène suit à 120 pique. Le drame s'annonce. Cette partie fera mal. Fred, confiant en sa force et dans les statistiques de ses victoires, déclenche un 130 coeur. Et 130, à ce qu'il paraît, c'est charnière. Tenter le 140 trèfle ? Je m'enflamme. J'annonce un capot. Stupéfaction chez les uns, consternation chez mon partenaire. Il s'écroule.

Je n'ose pas le regarder. Il n'y croit pas, c'est clair, la confiance qu'il plaçait en moi autrefois s'est égrenée au fil des gros contrats annoncés et jamais réalisés. Je compose mon visage, et tente de lui offrir une sérénité lénifiante, qui, je le sais, n'opère pas. Il tempête maintenant. Les deux crotales se réjouissent, confiants dans ma capacité à ne pas savoir faire taire une ambition dévorante et mal maîtrisée.

"J'aurais pu annoncer une générale mais je souhaite vous conserver comme amis. Bon, Sophie ?"

Je n'aurais pas dû parler : ma fébrilité transparaît. Ma fanfaronnade ne trompe personne. Le combat commence. Apre, rude, technique, sans merci. Un faux-pas, et c'est la trappe. Ils le savent, ils le guettent, il n'y a plus d'amis, ils ont oublié que c'est moi qui ai apporté la pizza, que nous sommes désormais deuxièmes du championnat derrière Lyon, tout cela est loin, nous sommes entièrement fondus dans les événements se déroulant autour de la table.

Un tour à carreau. Le dix ne sort pas. Je prends avec le roi. Peut-être qu'insidieusement, chemine dans leurs cerveaux mal habitués l'idée que j'aurais du répondant, cette fois, que la défaite, sinon l'humiliation pourrait changer de camp, tiens, que j'allais moi-même forger la loi du destin que j'abattrais sur leur tête. Le combat débutait par un savant affrontement de positions, il dégénéra rapidement avec l'artillerie lourde éclatant sauvagement, laminant leurs bases, fissurant leur belle confiance.

Le goût de la poudre était encore dans toutes les gorges, lorsque vînt les deux derniers tours. Les deux tours fatals, léthals, nécrosals. Phastène ouvrait du dix, l'as était piégé par mon 9, le piège se refermait. L'odeur de l'échec les saisissait soudain. Puis tout alla alors très vite. Le dernier tour ne fut qu'une formalité : j'abattais le valet qui ramassait les derniers espoirs trahis de mes anciens bourreaux.

Finis les quolibets, les jets de pierre, les "Bob, qu'as-tu cru bon de nous inventer cette fois ?", lorsque l'ironie des vainqueurs se conjugait avec la lassitude fortement exprimée de mon partenaire. Désormais le respect s'imposait avec cette victoire qui invitait chacun à se retirer du champ d'une bataille désormais achevée, avec pour seul acquis la sensation amère de la morsure de la poussière.
Mercredi 9 mai 2007
Tenez, prenez, par exemple, moi.

Personne au monde n'osera plus jamais me taxer d'étroitesse d'esprit après l'aventure de mardi soir. Figurez-vous que j'ai dîné avec une communiste révolutionnaire !!!! (bon, en fait, je ne savais pas qu'elle était communiste révolutionnaire, sinon tu penses, je ne l'aurais pas laissée me tutoyer ; et puis à un moment, discourant des menées factieuses d'un petit nombre de séditieux français, ne voilà pas la drôle qui me sort : "on", au lieu d'un salutaire "ces gens-là" !!! ; là bien sûr, mon sang s'est glacé dans mes veines (tout en ne faisant qu'un tour, pour dire l'émoi qui fut le mien) mais il était un peu délicat de partir en courant à ce moment du repas et j'ai dû achever mon dîner tant bien que mal, tremblant chaque fois qu'elle mettait la main dans son sac par peur de la voir en extraire un croc de boucher afin de m'y suspendre (je le sais, ce sont leurs méthodes).

Cet épisode douloureux a tout de même eu un effet bénéfique car il a provoqué en moi l'émergence du doux souvenir de ce moment précis de mon enfance où se fixa ma conscience politique. Nous étions à la veille des élections présidentielles (euh... pas celles de 2002, hein, et peut-être même pas celles de 1995, disons un peu avant), j'avais six ans, et j'étais assis sur le balcon de notre appartement du boulevard Sicard à Marseille. Ma mère étendait le linge. Récipiendaire du stress familial, je lui demandais :

" Mais Maman, qu'est-ce qu'on va faire si les socialistes passent ?"

Et là ma mère suspend son mouvement, se tourne vers moi, me regarde, et me fait :

"Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu'on va faire" (ton grave).

Avec le recul, cette peur-là peut prêter à rire. Attendons donc, et peut-être rirons-nous bien.
Vendredi 4 mai 2007

Vendredi, il m'est arrivé un phénomène étrange : j'étais invité chez moi, pour une soirée organisée par une amie de moi (Anouck, créatrice de bijoux, pour avoir des prix s'adresser ici)  ne disposant pas de lieu adéquat. C'est ainsi, par exemple, qu'au beau milieu de ma cuisine, j'ai croisé une inconnue qui s'est révélé après examen être une astrophysicienne (ou juste une physicienne, peut-être, ou une astrologue, bref, le métier des gens fait partie des choses que j'oublie aussitôt après en avoir été informé, comme le prénom, d'ailleurs ; généralement je ne retiens que le sexe) et là, bien sûr, je sais ce que vous allez vous dire, la même chose que moi justement : "tiens, pour une fois qu'on en tient une, autant lui poser la question fatidique", ben oui, la question qui m'a tant de fois turlupiné le soir avant de m'endormir :

pourquoi la terre tourne et la lune, elle, a tourne pas ? qui a raison ? celle des deux qui est dans l'erreur doit-elle arrêter de faire la maligne et se conformer à une attitude plus en phase avec sa condition ?

Hé bien, ami lecteur, réjouis-toi : tu vas enfin avoir les réponses ! Il s'avère que c'est la lune qui est dans le droit chemin. Elle est désormais stable. Alors que la terre freine. Elle freine et va s'arrêter : ce qui fait que nous allons avoir une face brûlée et une face gelée. Reste à savoir où nous, bon Français, nous situerons (ça me semble important, quand même, hein). Hé bien figurez-vous que la drôle me fait : "euh, là tout de suite, je peux pas te le calculer de tête". Ben oui, c'est malin, en attendant nous on ne sait pas à quelle température on va être cuits.

Là-dessus, je poursuis mes pérégrinations dans mon appartement et sur le chemin du salon je tombe sur mon ami Georges-Emmanuel en grande conversation avec ce qui s'est révélé être un .... socialiste !!! un socialiste sous mon toit !!! Prenant mon courage à deux mains, j'ai décidé de lui adresser la parole. Et à tant faire (car mon collègue Gégé tient absolument à ce que l'on dise "à tant faire". "Tant qu'à faire" ne serait pas correct. Certes, Gégé, tout à fait, mais la langue française possède cette caractéristique d'être vivante, ce qui lui confère la faculté d'avancer, et le décalage grandissant entre elle et Gégé, je crains que celui-ci ne soit plus compris de personne avec ces obsessions grammaticales - pourquoi pas plaider le "cela dit" tant qu'on y est -  et il va se retrouver dans la position d'un certain empereur s'adressant à son pays en 45 dans une langue inconnue des Japonais)(à ce stade, je suppose qu'on va encore bénéficier d'une précision historique indispensable de Nono), je lui ai même proposé une bière (j'aurais donc, au cours de mon existence, proposé une bière à un joueur du PSG et une bière à un adhérent socialiste - qu'on vienne pas me taxer de sectarisme). Là, normalement, vu le titre, il faudrait que je retranscrive ce que j'ai pu apprendre des rouages internes du PS, mais c'est un blog de bonne tenue, ici, alors, bon.

L'inconvénient des discussions entre mecs, c'est que ça parle rarement de choses vraiment intéressantes, du genre de ce dont les filles parlent entre elles, ou alors c'est graveleux et elliptique. Il est donc toujours bon d'arriver à se glisser subrepticement dans un groupe de filles afin de récolter des scoops sur l'approche qu'ont ces étranges et fascinantes personnes du sujet. En l'occurrence, au moment de mon arrivée (subreptice, donc) dans un groupe de filles planté au milieu de mon salon, ne voilà-t-il pas que ces gourgandines évoquaient le délicat sujet de l'infidélité. Et pourquoi, et pourquoi pas, et comment, et avec qui. Globalement, sur les trois qui étaient là, il ressort que :
la 1ère / oui, à l'occasion, mais il ne saura rien ;
la 2ème/ non, j'ai trop peur qu'il l'apprenne ;
la 3ème/ ne sait pas (sachant que si, là, à froid, elle ne sait pas, tout le monde sait ce qui sera son inclinaison, lorsque, à chaud, l'occasion se présentera).

Bref, contrairement à ma mère, chacune des trois, placées dans des conditions idéales, admettent (implicitement, voire in petto) qu'elles cèderaient. Mais que sont les filles devenues ??? (enfin, moi, je m'écrie là comme ça, mais c'est par pure hypocrisie, entendons-nous bien).

Sans compter qu'a également été évoqué un médicament étrange : un patch pour relancer la libido (moi qui pensait qu'il suffisait de prendre un amant)... Mais je sais pas si ça fonctionne pour les hommes. La question reste ouverte.

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