L'ami menda

Publié le par Bobzeflash



Nous voici à la mi-mandat, il est temps de faire un point. J’ai voté Sarkozy car voilà un gars, me suis-je dit, qui n’est pas énarque et aura le courage de bousculer les rigidités et les corporatismes. J’aurais pu voter Obama si j’étais américain.

 

Barack Obama : contre toute attente, sa réforme de la santé prend un très bon virage au Sénat. Il est en passe de réussir une vraie réforme là où les Clinton ont échoué.

 

Nicolas Sarkozy : c’est plus complexe.

 

Il est vrai que la loi pénitentiaire vient d’être votée. Le problème est qu’il y a toujours 125% de prisonniers par rapport aux places disponibles, que le droit à la cellule individuelle (qui date de 1875) n’est toujours pas respecté, et que la politique pénale toujours plus répressive amène chaque année plus de prisonniers (70.000 déjà) plus désormais les mineurs en centre de détention depuis la loi Perben.

 

Là où il est fort, Nicolas Sarkozy, c’est qu’il ne suffit plus d’être coupable pour être suspect : les deux nouveaux décrets de police (décrets, hein, pas lois, c’est-à-dire : on ne demande pas l’avis du Parlement, qui justement a préparé une proposition de loi sur le sujet, proposition UMP-PS, quel dommage) traitent des « activités susceptibles de » c’est-à-dire : le passage du principe de la présomption d’innocence (exemple : le casier judiciaire, où est retranscrit le passé) au principe de la présomption de culpabilité (exemples : ces deux fichiers où sont inscrites des personnes innocentes, mais qui ont le tort d’avoir une origine géographique, une activité syndicale…).

 

Mais là où il est le plus fort, notre président, c’est qu’il est désormais possible d’être en prison après avoir purgé sa peine. Alors bien sûr, ça ne s’appelle pas prison mais rétention de sûreté, mais ça se résume à quatre murs et des barreaux : ça, c’est la négation de l’habeas corpus, vieux de 1.000 ans.

 

Heureusement, et c’est là qu’on voit qu'on est dans un Etat de droit, bordel de merde, cette vague de pénalisation à outrance est tempérée par trois réformes d’ampleur.

 

1ère réforme : le juge d’instruction. Ben tiens. Plus de juge d’instruction, mais le parquet. Le parquet qui a réclamé un non-lieu dans l’affaire Chirac. Ben tiens.

 

2ème réforme : les chambres régionales de comptes. Fini. On passe de 22 CRC à 10 chambres interrégionales sous la coupe de la Cour des comptes, perdant leur autonomie. Etaient-elles inefficaces ? L’affaire de l’eau à Grenoble, les affaires Gaston Flosse à Tahiti… ça se discute.

 

3ème réforme : la dépénalisation. Elle est bien celle-là. Attention, il ne s’agit pas d’une vraie dépénalisation, il s’agit de la dépénalisation du droit des affaires. Ben oui, tant qu’on y est. Et comment justifier ça ? c’est simple : la sanction pénale possède un caractère infamant ; donc on la supprime pour les hommes d’affaires. Voilà une bonne idée.

 

Voilà pour le volet social. Pour le volet fiscal, c’est pareil : on feint d’encadrer les bonus mais on maintient le bouclier fiscal (cherchez la cohérence) ; on ponctionne les indemnités d’arrêt maladie mais on défiscalise les droits de succession.

 

L’INSEE vient de publier une étude intéressante (l’INSEE : tiens voilà un exemple intéressant ! l’INSEE va disparaître, accusée de n’être pas fiable, trop à la solde du gouvernement, remplacée petit à petit et déjà pour les gros dossiers par l’Autorité nationale de la statistique, avec peu de moyens et une saisine par les pouvoirs publics mais pas par les statisticiens ou les syndicats…) sur l’écart des plus pauvres avec les plus riches qui se réduit. Ca veut dire une chose : ce sont donc encore les classes moyennes (et là on rigole plus puisqu’il s’agit de moi) qui prennent.

 

Cet automne, des parlementaires audacieux ont proposé un amendement pour taxer de 10% en 2010 les banques. Cet amendement est passé un jour où les députés de la majorité n’avaient pas bien assuré leur présence. Que fait-on dans ces cas-là ? Jean-François Lamour, double champion olympique de fleuret explique qu’il s’est trompé de touche, pour lui et pour un copain, et donc on revote.

 

Et si on a voté Sarkozy par erreur, on peut revoter ?


Sauf que non, même pas, parce que si c’est pour voter Royal, c’est vraiment pas possible. C’est quand qu’il revient DSK ?

Publié dans On s'en fout

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zouille 11/04/2010 21:37



Et puis DSK, c'est lui qui fréquente les boîtes échangistes.(ok, je retourne dans ma case).



phast 24/12/2009 13:48


c problématique, moi je deviens de droite kan je vois comment est la gauche... des années de discussion pour se retrouver tous les deux au milieu du gué! par contre on se rejoint sur DSK, mais il
est pas vraiment de gauche, il a juste l'air compétent par rapport à l'état scandaleux de la politique en France.