Le lundi au soleil
(dédicace à la personne qui, si ça se trouve, se reconnaîtra)
Toujours très attaché à mon image, j’ai peur d’avoir laissé dans mon précédent article l’impression lancinante d’avoir glandé tout mon week-end pascal.
Il n’en est rien.
Déjà, dimanche, j’ai pris un bain (ce qui permet de mener à bien toutes les activités décrites lors de l’article précédent, mais dans l’eau).
Lundi, j’ai fait encore plus fort : je suis allé déjeuner dans le dehors. Avec mon ami Lolo. Il faut savoir que déjeuner avec Lolo en tête-à-tête est une chose inenvisageable dans notre cantina professionnelle tant il ne se déplace qu’avec une nuée d’individus (et même de stagiaires) avec lui. C’est donc grande joie et grand privilège que de pouvoir enfin développer, grâce à une intimité enfin retrouvée, un certain nombre de thèmes qui n’appellent pas nécessairement une publicité énorme. Nous nous sommes attablés à une terrasse de la rue Fabre d’Eglantine (t’as vu Ada ? moi je laisse des indices bordel !), un peu esquichés il est vrai (attends, bouge pas, tu vas comprendre pourquoi je précise ça).
Mais ne voilà-t-il pas que profitant sans doute de cette esquichade (là ! t’as vu ?), ma voisine de droite, une charmante blonde platine aux yeux bleus, commence à m’entreprendre. Je n’ai rien, a priori, contre les charmantes blondes aux yeux bleus, sauf que là, j’avais pas la tête à ça, mais bon, comme je suis un bon garçon en apparence, j’ai accepté de converser avec elle. Au départ, elle s’est intéressée à ce qu’il y avait dans mon assiette : je lui ai appris qu’il s’agissait de lasagnes. Peu après, la conversation s’est orientée vers la guerre et les Allemands : là, tu me diras, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille, ben oui mais bon, c’est facile d’apprécier la situation bien calé dans ton fauteuil, moi j’étais au cœur de l’action… donc je n’ai rien vu venir. Je n’ai compris qu’au moment où elle a évoqué le cas d’une dame de sa connaissance, mère de quatre enfants, sans que le père soit connu : à sa manière psychorigide de stigmatiser le comportement de ladite dame, je me suis dit qu’elle devait être bien endommagée, et c’est là que j’ai réalisé qu’elle avait plus de quatre-vingt ans.
Total, je n’ai toujours pas pu discuter vraiment avec mon pote, et ce par pure politesse (lâcheté serait un terme plus exact), vu les perspectives sexuelles limitées. Décidément j’aime pas les vieux (plus tard, j’aimerais pas les jeunes, mais pour le moment c’est les vieux).
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