Le jour où fut révolutionnée ma vie de malade
Etape 1:
j'ai mal aux dents. Généralement, j'aime bien avoir mal aux dents, parce qu'au moins je sais où j'ai mal. Mais là quand même, au bout d'un moment, je prends une décision inattendue : je prends rendez-vous avec un dentiste.
Le dentiste me diagnostique une infection, me recommande d'aller voir un spécialiste en racines radibulaires ou tuberculiques je sais plus, à la suite de quoi je suis convié à revenir le voir pour qu'il puisse me prodiguer sa prestation prothésiste à 2800 €. Hum.... Négocions. Je lui demande ses tarifs pour du métal et non de la céramique (c'est mon côté Cronenbergo-Ranxerox), et il me répond sans rire : "je ne propose jamais de métal, ça heurte mon sens de l'esthétisme".
Récapitulons : afin de ménager son sens de l'esthétisme, je dois m'acquitter de 2800 € pour couronner deux dents.
Etape 2 :
peu au fait des tarifs dans cette profession, j'appelle ma cousine qui achève ses études de denterie, et je la trouve en train de taper le carton travailler sa thèse avec trois autres amis étudiants. J'ai donc droit à une quadruple consultation, dont il ressort que mon dentiste "doit avoir une piscine en construction".
Conclusion : nous concluons qu'il faut faire jouer la concurrence.
Etape 3 :
je rencontre Anne. Anne est charmante, pédagogue, pas commerçante (puisque qu'elle me recommande une solution qu'elle ne pratique pas) et je décide de lui vouer ma confiance. Je lui ouvre donc mon canal et mon mont Palatin (tu le savais toi que tu avais un mont Palatin dans la bouche ?) et elle me prévient que ça peut s'enflammer quelques jours plus tard.
En attendant, elle me met un drôle de produit, et pendant plusieurs jours (là ça s'est un peu estompé hélas), il suffisait que je sollicite ma dent avec ma langue pour goûter ce truc un peu euphorisant, comme de l'exta sous perfusion dentaire.
Bilan de l'étape 3 : le lecteur est en haleine, la tension monte.
Etape 4 :
Un beau jour, en me réveillant, j'ai très mal à l'oreille (du genre : très, très mal). Je me dis que c'est peut-être une métastase de mon inflammation attendue initialement en zone buccale. En même temps, ma dent défectueuse est à gauche, mon oreille endolorie à droite, mais bon, de nos jours, avec le détraquement du climat, et les jeunes qui ne pensent qu'à brûler des avions et des sous-marins, faut plus s'étonner de rien. Donc bon, je lève l'option sur mon ordonnance et je m'envoie la dose nécessaire d'antibiotiques en vue de calmer ma douleur.
Postface de l'étape 4 : le suspens de ce post est à son comble : "mais que va-t-il se passer ??!! En quoi sa vie va-t-elle être révolutionnée ?!! j'en peux plus !!!!"
Etape 5 : (c'est là que tu comprends que tu aurais pu directement passer à l'étape 5, les premières étapes étant facultatives) (en fait)
Samedi, je décide de me produire en soirée. A un moment, mon pote Nicolas me tend un verre (une forme de cocktail brésilien) : je refuse son invitation, alléguant que je suis sous antibiotiques (vu que moi, on m'a dit que quand on est sous antibio, on ne boit pas d'alcool, voilà, c'est comme ça, demande pas pourquoi, t'es médecin peut-être, non, alors fais ce qu'on te dit et arrête de faire le malin pour une fois). Or mon pote Nicolas, justement, a prêté le serment d'hypocrite*** et me fait une révélation qui va bouleverser mes futures périodes sous antibiotiques jusqu'à ma mort : c'est le foie qui dégrade le médicament et lui permet de faire effet, et c'est le foie qui dégrade en même temps l'alcool. Alors quand le foie est occupé à dégrader l'alcool (il alterne entre dégradation d'alcool et dégradation de médicament) il ne peut dégrader l'antibiotique : ça diffère donc l'effet du médicament, mais ce n'est pas nocif. Tu seras juste malade plus longtemps, mais à l'inverse, tu es aussi bourré plus longtemps (si t'as bien suivi).
Amis, fêtons tous la bonne nouvelle comme il convient.
*** qui est l'auteur de ce magnifique jeu de mots ? (un blog d'or au vainqueur/queuse)
PS : (attention, ce PS n'a rien à voir avec l'article mais il est imposé par une actualité brûlante) : m'emparant dans le métro d'un "Paris c'est nous" ou je ne sais plus quel journal, je découvre avec stupeur à côté du mot "métrosexuel" le mot : "übersexuel". Et là, bien sûr, stupeur. Quelqu'un peut-il m'aider car je n'ai aucune idée de ce que ça signifie, que le petit Robert me lâche en rase campagne, que je ne sais pas si je dois devenir übersexuel pour rester tendance, et en plus j'ai peur qu'Aurélia ne raille encore mon inculture sexuelle ?
j'ai mal aux dents. Généralement, j'aime bien avoir mal aux dents, parce qu'au moins je sais où j'ai mal. Mais là quand même, au bout d'un moment, je prends une décision inattendue : je prends rendez-vous avec un dentiste.
Le dentiste me diagnostique une infection, me recommande d'aller voir un spécialiste en racines radibulaires ou tuberculiques je sais plus, à la suite de quoi je suis convié à revenir le voir pour qu'il puisse me prodiguer sa prestation prothésiste à 2800 €. Hum.... Négocions. Je lui demande ses tarifs pour du métal et non de la céramique (c'est mon côté Cronenbergo-Ranxerox), et il me répond sans rire : "je ne propose jamais de métal, ça heurte mon sens de l'esthétisme".
Récapitulons : afin de ménager son sens de l'esthétisme, je dois m'acquitter de 2800 € pour couronner deux dents.
Etape 2 :
peu au fait des tarifs dans cette profession, j'appelle ma cousine qui achève ses études de denterie, et je la trouve en train de taper le carton travailler sa thèse avec trois autres amis étudiants. J'ai donc droit à une quadruple consultation, dont il ressort que mon dentiste "doit avoir une piscine en construction".
Conclusion : nous concluons qu'il faut faire jouer la concurrence.
Etape 3 :
je rencontre Anne. Anne est charmante, pédagogue, pas commerçante (puisque qu'elle me recommande une solution qu'elle ne pratique pas) et je décide de lui vouer ma confiance. Je lui ouvre donc mon canal et mon mont Palatin (tu le savais toi que tu avais un mont Palatin dans la bouche ?) et elle me prévient que ça peut s'enflammer quelques jours plus tard.
En attendant, elle me met un drôle de produit, et pendant plusieurs jours (là ça s'est un peu estompé hélas), il suffisait que je sollicite ma dent avec ma langue pour goûter ce truc un peu euphorisant, comme de l'exta sous perfusion dentaire.
Bilan de l'étape 3 : le lecteur est en haleine, la tension monte.
Etape 4 :
Un beau jour, en me réveillant, j'ai très mal à l'oreille (du genre : très, très mal). Je me dis que c'est peut-être une métastase de mon inflammation attendue initialement en zone buccale. En même temps, ma dent défectueuse est à gauche, mon oreille endolorie à droite, mais bon, de nos jours, avec le détraquement du climat, et les jeunes qui ne pensent qu'à brûler des avions et des sous-marins, faut plus s'étonner de rien. Donc bon, je lève l'option sur mon ordonnance et je m'envoie la dose nécessaire d'antibiotiques en vue de calmer ma douleur.
Postface de l'étape 4 : le suspens de ce post est à son comble : "mais que va-t-il se passer ??!! En quoi sa vie va-t-elle être révolutionnée ?!! j'en peux plus !!!!"
Etape 5 : (c'est là que tu comprends que tu aurais pu directement passer à l'étape 5, les premières étapes étant facultatives) (en fait)
Samedi, je décide de me produire en soirée. A un moment, mon pote Nicolas me tend un verre (une forme de cocktail brésilien) : je refuse son invitation, alléguant que je suis sous antibiotiques (vu que moi, on m'a dit que quand on est sous antibio, on ne boit pas d'alcool, voilà, c'est comme ça, demande pas pourquoi, t'es médecin peut-être, non, alors fais ce qu'on te dit et arrête de faire le malin pour une fois). Or mon pote Nicolas, justement, a prêté le serment d'hypocrite*** et me fait une révélation qui va bouleverser mes futures périodes sous antibiotiques jusqu'à ma mort : c'est le foie qui dégrade le médicament et lui permet de faire effet, et c'est le foie qui dégrade en même temps l'alcool. Alors quand le foie est occupé à dégrader l'alcool (il alterne entre dégradation d'alcool et dégradation de médicament) il ne peut dégrader l'antibiotique : ça diffère donc l'effet du médicament, mais ce n'est pas nocif. Tu seras juste malade plus longtemps, mais à l'inverse, tu es aussi bourré plus longtemps (si t'as bien suivi).
Amis, fêtons tous la bonne nouvelle comme il convient.
*** qui est l'auteur de ce magnifique jeu de mots ? (un blog d'or au vainqueur/queuse)
PS : (attention, ce PS n'a rien à voir avec l'article mais il est imposé par une actualité brûlante) : m'emparant dans le métro d'un "Paris c'est nous" ou je ne sais plus quel journal, je découvre avec stupeur à côté du mot "métrosexuel" le mot : "übersexuel". Et là, bien sûr, stupeur. Quelqu'un peut-il m'aider car je n'ai aucune idée de ce que ça signifie, que le petit Robert me lâche en rase campagne, que je ne sais pas si je dois devenir übersexuel pour rester tendance, et en plus j'ai peur qu'Aurélia ne raille encore mon inculture sexuelle ?
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