La messe en lapin
Lorsqu'on commence à s'endormir, il existe un moment où la distorsion de la perception commence à se faire sentir, alors même que l'on garde suffisamment de conscience pour diriger un peu ses pensées (ça marche mieux au réveil d'ailleurs, mais bon là ça s'est passé à l'endormage). Pour ma part, j'en profite : soit pour développer un fantasme, soit pour avoir une idée géniale.
Hier soir, j'ai eu une idée géniale : j'ai soudain compris que Dieu était un lapin. Ceci expliquerait beaucoup de choses. Tout d'abord, cela expliquerait que le lapin réussisse à se développer partout, même à Kerguelen où il n'y a pourtant à peu près rien, ou même en Australie, pays de fils de repris de justice qui jouent au football sur un terrain rond, pour te dire. En fait, les lapins présentent une capacité d'adaptation supérieur à l'humain, grâce notamment à leur manie intense et incessante de faire tout le temps des bébés (vous pouvez d'ailleurs vous-même simuler cette manie ici).
En plus, le lapin possède une excellente image commerciale, puisque jamais ridicule dans les dessins animés au contraire du chien ou du chat. Il passe bien partout, jusqu'à devenir connoté érotiquement mais positivement dans le monde entier puisque devenu la mascotte de Play-Boy.
Très fort le lapin. Cependant, il reste limité intellectuellement. Il faut bien le dire. Et, à mon sens, je crains qu'il ne soit devenu, au fil du temps, un peu dépassé par les événements. Cela expliquerait ce paradoxe apparent, qui est que : 1/ Dieu est bon ; 2/ Dieu est tout-puissant ; 3/ des petits enfants meurent tous les jours dans le monde.
Nous serions donc gouvernés par un être sympathique mais incompétent : après tout, il n'y a aucune raison pour que le principe de Peter s'arrête subitement avant d'avoir atteint le ciel. Or si tout là-haut un incompétent trône, par la loi de la cooptation en cascade, cela explique BIEN DES CHOSES. Je ne dirais rien des gouvernants (mais je n'en pense pas moins et je sais que vous aussi) mais je peux parler de ma chef à moi qui s'inscrit tout à fait dans cette logique d'incompétence frénétique et lagomorphesque. Depuis des mois je m'interrogeais sur l'incroyable concours de circonstances qui avait dû la conduire à ce niveau de responsabilités : c'est en fait tout simplement qu'un con de lapin veille là-haut à ses destinées !
Bilan : rien ne sert de se démener, tout est gangréné, allons plutôt prendre un café pour raconter les vacances, en grignotant une carotte, histoire de se faire bien voir.
Et en attendant, moi je vais pique-niquer dans les jardins de Bercy, au champagne, parce qu'il n'y a pas de raisons.