Ce matin dans le RER
Ce matin dans le RER (il se trouve que le matin, j'ai le choix entre métro ou RER. Et comme je suis un grand fou, il m'arrive de choisir le RER. Dans ces cas-là, j'en ai pour 1 station), il y avait pas mal de monde. Mon objectif était de m'aggriper quelque part pour pouvoir me concentrer sur ma lecture. Il y avait face à moi une barre, et trois filles qui s'y tenaient. Pour ne pas gêner leur conversation, je saisis la barre en bas et non en haut, et je lis mon livre.
Et là, assez rapidement, je sens le contact de la main de la fille en face de moi, dont la main a glissé jusqu'à entrer en contact avec la mienne. Je ne bouge pas. Je jette juste un micro coup d'oeil pour vérifier : il lui reste bien un peu de place pour remonter sa main. Cependant, elle ne l'a remonte pas. J'ai un début de sensation. J'adore ces moments où tout est on ne peut plus normal, et puis, à l'occasion de la violation d'un code social, on bascule soudain dans quelque chose d'autre. Peut-être ne s'est-elle pas rendu compte ; peut-être a-t-elle estimé que ce n'était pas significatif.
Petite précision : il s'agissait bien d'une fille. Donc elle s'est rendu compte, et elle sait que c'est significatif. J'arrive à la fin de ma page (page que je parcourais des yeux mais que je ne lisais plus depuis un moment). Normalement, j'aurais dû libérer ma main pour tourner cette page, ce qui aurait pu rompre la magie de l'instant. Je n'ai donc pas libéré ma main, et j'ai fait semblant de continuer à lire comme un gros débile la même page tout le temps de ce contact entre nos mains. C'était très agréable : sa peau était douce et chaude. Je ne voulais pas déclencher quoi que ce soit d'autre car le moment était parfait comme ça, et le RER arrivait à ma station.
JE SUIS DESCENDU DANS LA FOULE ET JE NE L'AI JAMAIS REVUE.
Et là, assez rapidement, je sens le contact de la main de la fille en face de moi, dont la main a glissé jusqu'à entrer en contact avec la mienne. Je ne bouge pas. Je jette juste un micro coup d'oeil pour vérifier : il lui reste bien un peu de place pour remonter sa main. Cependant, elle ne l'a remonte pas. J'ai un début de sensation. J'adore ces moments où tout est on ne peut plus normal, et puis, à l'occasion de la violation d'un code social, on bascule soudain dans quelque chose d'autre. Peut-être ne s'est-elle pas rendu compte ; peut-être a-t-elle estimé que ce n'était pas significatif.Petite précision : il s'agissait bien d'une fille. Donc elle s'est rendu compte, et elle sait que c'est significatif. J'arrive à la fin de ma page (page que je parcourais des yeux mais que je ne lisais plus depuis un moment). Normalement, j'aurais dû libérer ma main pour tourner cette page, ce qui aurait pu rompre la magie de l'instant. Je n'ai donc pas libéré ma main, et j'ai fait semblant de continuer à lire comme un gros débile la même page tout le temps de ce contact entre nos mains. C'était très agréable : sa peau était douce et chaude. Je ne voulais pas déclencher quoi que ce soit d'autre car le moment était parfait comme ça, et le RER arrivait à ma station.
JE SUIS DESCENDU DANS LA FOULE ET JE NE L'AI JAMAIS REVUE.

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