Le goût de la politique nempêche pas louverture desprit
Tenez, prenez, par exemple, moi.
Personne au monde n'osera plus jamais me taxer d'étroitesse d'esprit après l'aventure de mardi soir. Figurez-vous que j'ai dîné avec une communiste révolutionnaire !!!! (bon, en fait, je ne savais pas qu'elle était communiste révolutionnaire, sinon tu penses, je ne l'aurais pas laissée me tutoyer ; et puis à un moment, discourant des menées factieuses d'un petit nombre de séditieux français, ne voilà pas la drôle qui me sort : "on", au lieu d'un salutaire "ces gens-là" !!! ; là bien sûr, mon sang s'est glacé dans mes veines (tout en ne faisant qu'un tour, pour dire l'émoi qui fut le mien) mais il était un peu délicat de partir en courant à ce moment du repas et j'ai dû achever mon dîner tant bien que mal, tremblant chaque fois qu'elle mettait la main dans son sac par peur de la voir en extraire un croc de boucher afin de m'y suspendre (je le sais, ce sont leurs méthodes).
Cet épisode douloureux a tout de même eu un effet bénéfique car il a provoqué en moi l'émergence du doux souvenir de ce moment précis de mon enfance où se fixa ma conscience politique. Nous étions à la veille des élections présidentielles (euh... pas celles de 2002, hein, et peut-être même pas celles de 1995, disons un peu avant), j'avais six ans, et j'étais assis sur le balcon de notre appartement du boulevard Sicard à Marseille. Ma mère étendait le linge. Récipiendaire du stress familial, je lui demandais :
" Mais Maman, qu'est-ce qu'on va faire si les socialistes passent ?"
Et là ma mère suspend son mouvement, se tourne vers moi, me regarde, et me fait :
"Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu'on va faire" (ton grave).
Avec le recul, cette peur-là peut prêter à rire. Attendons donc, et peut-être rirons-nous bien.
Personne au monde n'osera plus jamais me taxer d'étroitesse d'esprit après l'aventure de mardi soir. Figurez-vous que j'ai dîné avec une communiste révolutionnaire !!!! (bon, en fait, je ne savais pas qu'elle était communiste révolutionnaire, sinon tu penses, je ne l'aurais pas laissée me tutoyer ; et puis à un moment, discourant des menées factieuses d'un petit nombre de séditieux français, ne voilà pas la drôle qui me sort : "on", au lieu d'un salutaire "ces gens-là" !!! ; là bien sûr, mon sang s'est glacé dans mes veines (tout en ne faisant qu'un tour, pour dire l'émoi qui fut le mien) mais il était un peu délicat de partir en courant à ce moment du repas et j'ai dû achever mon dîner tant bien que mal, tremblant chaque fois qu'elle mettait la main dans son sac par peur de la voir en extraire un croc de boucher afin de m'y suspendre (je le sais, ce sont leurs méthodes).
Cet épisode douloureux a tout de même eu un effet bénéfique car il a provoqué en moi l'émergence du doux souvenir de ce moment précis de mon enfance où se fixa ma conscience politique. Nous étions à la veille des élections présidentielles (euh... pas celles de 2002, hein, et peut-être même pas celles de 1995, disons un peu avant), j'avais six ans, et j'étais assis sur le balcon de notre appartement du boulevard Sicard à Marseille. Ma mère étendait le linge. Récipiendaire du stress familial, je lui demandais :
" Mais Maman, qu'est-ce qu'on va faire si les socialistes passent ?"
Et là ma mère suspend son mouvement, se tourne vers moi, me regarde, et me fait :
"Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu'on va faire" (ton grave).
Avec le recul, cette peur-là peut prêter à rire. Attendons donc, et peut-être rirons-nous bien.
Publicité