Stupeur et trouble à la fnac
Il me semble complètement indispensable de retranscrire ici ma visite à la fnac de ce lundi, et plus particulièrement au moment où elle touchait à sa fin, c'est-à-dire, vous l'aurez compris, lors du passage en caisse.
Car un lundi, entre midi et deux, à la fnac des Halles (je précise l'endroit et le lieu pour le cas où, édifiées par mon récit, certaines personnes voudraient s'y rendre dans des conditions similaires), il n'y a pas grand-monde, et comme de par hasard, il n'y a pas beaucoup de caisses ouvertes non plus. Toutefois, avisant une petite file d'attente, je me dis : "tiens, voilà une caisse ouverte, rendons-nous y donc" (j'aime bien me vouvoyer, ça m'excite). Il y avait en effet trois ou quatre hommes seuls devant moi, pas de couples, pas de filles, et je m'apprêtai à m'abimer dans une certaine attente lorsque j'avisai juste à côté une caisse tout aussi ouverte, avec une dame réglant ses achats, mais sans que personne d'autre ne s'y presse. Curieux phénomène.
C'est alors que, avide de glaner davantage d'informations afin de parvenir à donner une explication crédible au phénomène, je penchai la tête afin de voir celle de l'hôtesse de ma caisse. Effectivement. Il s'agissait d'une bombasse, avec une petite tête toute mignonne, presque angélique, mais avec ce qu'il faut de chiennasse pour attirer l'homme, et en l'occurrence les trois qui s'empilaient devant elle alors que sa collègue de l'autre caisse, pas vilaine mais pas de quoi flamber une banane non plus, n'enregistrait dans le même temps qu'un succès mitigé.
Moins par souci d'éviter de grossir le troupeau que parce que j'étais pressé, j'ai renoncé à provoquer un échange, si bref et professionnel soit-il, avec cette créature, et je me suis translaté à la caisse libre. Tout en m'interrogeant sur la nature masculine (mais peut-être plus simplement humaine) qui avait poussé les clients à s'entasser devant elle, croyant sans doute optimiser ainsi le maigre espoir qu'ils avaient de la niquer.
Vu que le temps m'a manqué ce jour-là et que je n'ai pas pu faire le tour de mes projets d'achats, je vais peut-être y retourner lundi prochain, afin de tenter d'observer (dans un souci de vérification scientifique, qui, avouons-le, m'honore) un éventuel phénomène similaire autour de cette créature, ce qui pourrait ériger mon observation en loi sociologique. Tiens, oui, c'est pas bête, faisons ça.