Entre l'impulsion permanente et le milieu donné, joue la vitesse acquise
Il faudrait quand même que je songe à raconter mon jeudi, moi, un de ces jours...
9 h 25 : j'arrive au boulot. J'avise ma chef, devant moi, qui fait tout pour ne pas m'attendre. J'accélère, juste pour la faire chier et prendre l'ascenseur avec elle. Elle me fait : (notez l'absence de "bonjour") "pour le dossier machin, vous n'avez pas compris, vous passerez me voir".
13 h 15 : je me plante une arrête dans la gencive. J'ai mal. Je vais aux toilettes de notre restaurant d'entreprise afin de l'extraire. Je comprends tout de suite que ça va être difficile. Arrive un collègue du bâtiment d'en face. Je le mobilise sur la question.
Visualisation de la scène : je tourne le dos au lavabo et je suis penché en arrière, pour que le néon éclaire ma bouche. Mon collègue me fait face, il est penché sur moi, avec ses doigts dans ma bouche. Arrive un monsieur très important, ami de Mégachef, qui marque un temps d'arrêt. Cependant, l'extraction se passe bien.
13 h 30 : je rejoins mes collègues. Thèmes de la conversation :
- Je souhaite acheter de la lingerie. Mes collègues, tous masculins ce jour-là, multiplient les conseils et les adresses : visiblement un sujet bien maîtrisé. Nous parlons de la théâtralisation du sexe qu'amène le porte-jarretelle.
- Nous faisons des paris sur le nobel de littérature. Comme chaque année, je mets un café sur Kadaré, comme chaque année je perdrais.
- On dit du mal des autres collègues pas là.
14 h 45 : je reviens de mon achat à la Madeleine. Mes collègues me demandent ce que j'ai acheté, le prix, et quand est-ce que ce sera consommé. J'offre le calendrier Aubade qui m'a été offert à un collègue qui l'accepte avec joie (comme quoi on peut être catholique pratiquant et rester ouvert aux belles choses du monde).
17 h 30 : déjà à la bourre, je me précipite dans le métro pour aller chercher mon Tamagoshi. Le Tamagoshi est un petit jeu vidéo qu'il faut régulièrement nourrir, amuser, faire dormir, et ne pas oublier d'aller le chercher à l'école sinon il va se retrouver tout seul sur le trottoir et sa mère va encore trouver à redire.
18 h 15 : affublé du Tamagoshi, je vais à la dédicace d'Emmanuelle, pour ceux qui ont suivi, que je n'ai pas vue depuis dix ans. Je passe à côté de S. que je ne reconnais absolument pas (elle a pris 20 ans en 10 ans), puis j'avise le groupe des mères : aujourd'hui globalement grand-mères, elles n'ont presque pas bougé, entre 40-50 ans et 50-60 ans finalement ça ne bouge pas tant que ça, on se salue, on se congratule, on papouille le Tamagoshi, et elles me jettent à la face de bonnes petites anecdotes sur moi-même que je m'étais à l'époque empressé d'oublier. Bref c'est un bon moment, et Emmanuelle est toujours aussi jolie.
17 h 55 : une collègue m'envoie sur ma boîte perso ce message où A figure un mégachef :
A : Finalement le directeur n'aurait jamais dû prendre sa déclaration au patron de cette boite. C'était évident, on peut pas être naïf à ce point. Ce type vu qu'il est gay il affabule complètement on peut pas s'y fier.
B : quel est le lien ?
A : ben bien sur que si, les homosexuels compte tenu de leur sensibilité à fleur de peau ils affabulent souvent, c'est obligatoire.
PS : (Le canard enchaîné ne prend plus nos lettres, ils en ont marre à force)
PPS : oui, j'ai volé les notes de musique chez Ada, mais ça m'étonnerait qu'elle s'en aperçoive.
PPPS : ambiance musicale de composition de l'article : Ludacris - Get back, mais avec ma configuration ce n'est pas possible chez moi, je vous le mettrai lundi au bureau ok on fait comme ça ?
9 h 25 : j'arrive au boulot. J'avise ma chef, devant moi, qui fait tout pour ne pas m'attendre. J'accélère, juste pour la faire chier et prendre l'ascenseur avec elle. Elle me fait : (notez l'absence de "bonjour") "pour le dossier machin, vous n'avez pas compris, vous passerez me voir".
♫
Encore une belle journée
♫13 h 15 : je me plante une arrête dans la gencive. J'ai mal. Je vais aux toilettes de notre restaurant d'entreprise afin de l'extraire. Je comprends tout de suite que ça va être difficile. Arrive un collègue du bâtiment d'en face. Je le mobilise sur la question.
Visualisation de la scène : je tourne le dos au lavabo et je suis penché en arrière, pour que le néon éclaire ma bouche. Mon collègue me fait face, il est penché sur moi, avec ses doigts dans ma bouche. Arrive un monsieur très important, ami de Mégachef, qui marque un temps d'arrêt. Cependant, l'extraction se passe bien.
13 h 30 : je rejoins mes collègues. Thèmes de la conversation :
- Je souhaite acheter de la lingerie. Mes collègues, tous masculins ce jour-là, multiplient les conseils et les adresses : visiblement un sujet bien maîtrisé. Nous parlons de la théâtralisation du sexe qu'amène le porte-jarretelle.
- Nous faisons des paris sur le nobel de littérature. Comme chaque année, je mets un café sur Kadaré, comme chaque année je perdrais.
- On dit du mal des autres collègues pas là.
14 h 45 : je reviens de mon achat à la Madeleine. Mes collègues me demandent ce que j'ai acheté, le prix, et quand est-ce que ce sera consommé. J'offre le calendrier Aubade qui m'a été offert à un collègue qui l'accepte avec joie (comme quoi on peut être catholique pratiquant et rester ouvert aux belles choses du monde).
17 h 30 : déjà à la bourre, je me précipite dans le métro pour aller chercher mon Tamagoshi. Le Tamagoshi est un petit jeu vidéo qu'il faut régulièrement nourrir, amuser, faire dormir, et ne pas oublier d'aller le chercher à l'école sinon il va se retrouver tout seul sur le trottoir et sa mère va encore trouver à redire.
18 h 15 : affublé du Tamagoshi, je vais à la dédicace d'Emmanuelle, pour ceux qui ont suivi, que je n'ai pas vue depuis dix ans. Je passe à côté de S. que je ne reconnais absolument pas (elle a pris 20 ans en 10 ans), puis j'avise le groupe des mères : aujourd'hui globalement grand-mères, elles n'ont presque pas bougé, entre 40-50 ans et 50-60 ans finalement ça ne bouge pas tant que ça, on se salue, on se congratule, on papouille le Tamagoshi, et elles me jettent à la face de bonnes petites anecdotes sur moi-même que je m'étais à l'époque empressé d'oublier. Bref c'est un bon moment, et Emmanuelle est toujours aussi jolie.
17 h 55 : une collègue m'envoie sur ma boîte perso ce message où A figure un mégachef :
A : Finalement le directeur n'aurait jamais dû prendre sa déclaration au patron de cette boite. C'était évident, on peut pas être naïf à ce point. Ce type vu qu'il est gay il affabule complètement on peut pas s'y fier.
B : quel est le lien ?
A : ben bien sur que si, les homosexuels compte tenu de leur sensibilité à fleur de peau ils affabulent souvent, c'est obligatoire.
PS : (Le canard enchaîné ne prend plus nos lettres, ils en ont marre à force)
PPS : oui, j'ai volé les notes de musique chez Ada, mais ça m'étonnerait qu'elle s'en aperçoive.
PPPS : ambiance musicale de composition de l'article : Ludacris - Get back, mais avec ma configuration ce n'est pas possible chez moi, je vous le mettrai lundi au bureau ok on fait comme ça ?
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