La femme, comme chacun sait, est mue par un instinct animal et soumise
aux injonctions d'un corps qu'elle ne maîtrise pas (comme en témoignent ses multiples épanchements : larmes, menstrues...). Il appartient donc au jeune homme, dont l'initiation passe par la
conquête féminine, d'apprendre aussi rapidement que possible à connaître la créature pour espérer pouvoir la circonscrire.
Parvenu désormais à une maîtrise assez avancée, sinon aboutie, de l'art de séduction et de la psychologie féminine, je me dois, je crois, de faire bénéficier les plus jeunes de cette expérience
et cette sagacité affinée au fil des années.
Il me faut alors raconter l'épisode de la dernière fois, là, afin de contribuer à l'édification de tous ceux qui commencent leur carrière sociale sans bien sûr avoir été dotés au préalable des
armes minimum nécessaires à affronter la complexité du cerveau féminin.
Je ne sais plus comment, mais j'ai été avisé d'une séance de lecture de Jorn Riel par Dominique Pinon, le tout prenant place au REID HALL. Comme ma chérie d'amour que j'aime lit volontiers Riel,
je me disais que voilà une bonne occasion de la sortir un peu, de lui offrir une soirée culturelle (ce qui la change un peu des soirées foot, la pauvre, enfin je dis la pauvre mais en même temps
je lui fais l'amour chaque fois que l'OM gagne alors bon) et du coup d'être tranquille deux-trois semaines en termes de sorties avec mes potes et gestion de la télécommande.
Quelques jours auparavant, j'étais en voiture avec quatre amis et nous en sommes venus à indiquer quel était notre auteur préféré. Ne voilà-t-il pas que la petite Amélie mentionne "Riel". Du
coup, je me suis dit que ça devrait lui faire plaisir, et je lui envoie un mel, et j'oublie.
Le jour J, je rentre tôt du travail. Je réceptionne la babysitter. Je démonte le siège bébé pour le placer à l'arrière si bien que nous nous retrouvons A COTE dans la voiture. Nous franchissons
les portes du REID HALL et avisons la préposée derrière son bureau qui me fait : "ah vous êtes M. Bobzeflash, votre amie est déjà arrivée".
Oui parce que j'avais oublié de lui dire, à ma chérie de l'amour adorée, que j'avais invité Amélie.
Eh bien crois-moi crois-moi pas.... ELLE L'A MAL PRIS !!!!!
Oui, je sais, c'est incroyable, sauf que c'est la pure vérité vraie.
Devant une réaction si curieuse, arrêtons-nous un instant afin de décortiquer la situation et d'en tirer les enseignements nécessaires.
Je consulte mes consultants. Guillaume ne comprend pas, car finalement qu'on soit deux ou trois ou douze, il s'agit d'être assis et d'écouter une histoire (tiens la prochaine lecture sera
consacrée à l'Afghan nouvellement goncourisé, normalement en présence de l'auteur sauf si maintenant il a autre chose à faire). Marouanne ne comprend pas non plus, vu qu'on a tout le temps de se
retrouver à deux et là c'est l'occasion pour elle de partager un moment avec une fille qu'elle apprécie (en plus !!).
Conforté un temps par ces témoignages, je réalise subitement qu'ils présentent tous un point commun en forme d'inconvénient : ils sont portés par des garçons de sexe masculin ! Du coup je me
tourne vers Amélie (bis) qui éclate de rire et me fait : "mais Bob préviens-moi avant dans ce genre de situation que je t'explique !!!" et Chiara qui m'expliquera que le malaise ne vient pas tant
du fait qu'Amélie soit là, que du fait que ça pouvait laisser transparaître un intérêt moindre de ma part à l'idée de passer une soirée à deux.
Du coup, après, je lui ai payé un grec. Et j'ai ramé pendant une bonne semaine.
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Avec ici l'explication de la génèse