Les aventures extraordinaires de la vie de moi

Mercredi 4 mars 2009

Tout récemment, je me suis rétamé à un examen professionnel. L'échec en soi n'est pas significatif dans le mesure où il peut simplement révéler un manque d'adaptation. Ainsi, et pour se limiter à cet exemple, si Zidane était né au XVI° siècle dans un village reculé, il aurait peut-être été un très mauvais paysan, conspué par ses pairs, moqués par les enfants, rejeté par sa mère qu'elle l'avait toujours dit que c'était un bon à rien. Alors peut-être suis-je né trop tôt dans une époque qui ne me mérite pas.

Mais tout de même, avant de tirer des conclusions hâtives sur telle ou telle carence, téléphonons au service en question pour savoir ce qui a pu les conduire à cet égarement. Il se trouve qu'on me dit : "on vous rappelle" et là c'est le big boss qui me rappelle, sympa car je pense qu'il a autre chose à faire. Il me fait part d'abord de ce qui allait, que je vais passer par pudeur :

[...]

[...]

[...]

(oui ben attends, tu vois bien que je passe là)

[...]

[...]

et :

[...]

Attaquons maintenant ce qui n'allait pas. Je reprends ses termes pour être sûr de ne pas dénaturer son intention : "Vous manquez de profondeur dans vos projections". C'était bien le big boss, c'est donc bien le noeud du problème.

C'est-à-dire que je dois me projeter, mais plus vers le sol.

C'est pas gagné.

Par Bobzeflash
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Mercredi 16 mai 2007
A Noël, le père Noël a amené à mon fils le jeu d'Arthur et les Minimoys. Troooooooop top. Sauf que ce connard de père Noël n'a pas vérifié la compatibilité de son cadeau avec la puissance de mon ordinateur.

Du coup, bien sûr, impossible d'installer le jeu. Et gestion de la frustration d'un jeune enfant ne pouvant jouir de son cadeau le matin de Noël.

Pas grave, fiston. Papa va prendre les choses en mains : il suffit de passer à la puissance au-dessus. Et même, tant qu'on y est, Papa va tout monter lui-même. Et voilà. T'es fier ?

Examen de la situation après cinq mois

Reprenons la chronologie, puis nous passerons au bilan de l'opération.

1ère étape : se renseigner sur le net pour savoir s'il y a des sites présentant des petits dessins tout bien faits qui expliquent tout. Je vous conseille choixpc.com où vous pourrez lire en introduction "
Fort de mon expérience personnelle dans ce domaine, permettez-moi de tenter de vous en dissuader", soit le meilleur conseil reçu depuis lors.

2ème étape : se renseigner auprès d'un collègue afin de connaître un peu ce qui se fait, ce qui est compatible ou non, etc. Choisir un collègue avec lequel la dégradation des relations ne vous affectera pas exagéremment.

3ème étape : commander sur internet. Par exemple, sur LDLC.com, très pro, rien à dire.

4ème étape : devant les yeux ébahis de votre enfant, qui vous classe jusqu'alors entre Superman et les 4 Fantastiques, vous entreprenez le montage de votre PC. Vous allumez : ça ne s'allume pas.

5ème étape : vous expliquez à votre fils que c'est tous des enculés et que bordel les gamins avant n'avaient pas tout ça et étaient tout aussi heureux.

6ème étape : après des tests en tous genres et en tous sens sur tout et n'importe quoi, vous décidez que c'est la carte mère. Vous la renvoyez.

7ème étape : retour d'une nouvelle carte mère. Vous réinstallez tout. Vous allumez : ça ne s'allume pas.

8ème étape : traverse votre esprit la tentation d'aller chez le réparateur Surcouf, mais bon on a sa dignité quand même, et vous craignez de ne pouvoir gérer cet aveu d'échec.

9ème étape : vous transportez votre ordinateur au boulot, vous mobilisez une matinée deux personnes, dont un informaticien (un mec que son métier c'est l'informatique). Ils réinstallent tout. Vous allumez : ça ne s'allume pas.

10ème étape : vous allez chez le réparateur Surcouf. Le préposé, Gaëtan, allume : ça s'allume. 70 euros.


Afin de ménager un suspens désormais insoutenable (car, ben oui, ce n'est pas fini) (et puis moi je dois aller chez moi prendre un bain en écoutant de la trans goa et en lisant Edika) nous nous en tiendrons là pour cette première partie.
Programme de la deuxième partie : est-ce que ça s'est rallumé à la maison ? peut-on aller sur Internet quand on a perdu son disque d'Internet? comment gérer les relations avec le collègue qui vous disait il y a 5 mois : mais oui oh là là c'est trop facile maintenant tu vas voir ?(et toute cette sorte de choses)
Par Bobzeflash
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Jeudi 10 mai 2007
La tension était là. La sombre affaire de cet été encore dans les coeurs de chacun, qui tentait,  au tournant de la dernière levée,  de dominer l'émotion qui l'étreignait, tout en essayant de donner le change.

Une manche partout ; dans la belle, chaque équipe à portée de la victoire finale. La donne qui s'annonçait maintenant pouvait entraîner le triomphe des uns, la déchéance des autres. Nous étions dans le money time ; même le trash talking n'avait plus lieu, tant la concentration était à son paroxysme. Sophie jouait la décontraction lorraine, mais n'abusait personne. Fred reprenait une bière, mais on savait ce qu'il en était. Phastène suait. Dans ma tête, tout tourbillonnait.

Je me sert les dernières cartes. Deux fausses cartes et six atouts.  Un vertige me saisit.  Certes, une victoire nous ferait  passer devant, et même gagner la partie, mais un capot rajouterait l'humiliation à leur défaite, et on ne se vengera jamais assez de toutes ces parties perdues (et donc jamais narrées ici).
J'allume une cigarette (la cigarette me rend malade mais c'était histoire d'entretenir leur fébrilité).

Sophie annonce un 100 carreau. Le ton est donné. La drôlesse entend nous asséner un coup fatal en démarrant haut, mais les ambitions semblent démesurées et les appétits aiguisés. Phastène suit à 120 pique. Le drame s'annonce. Cette partie fera mal. Fred, confiant en sa force et dans les statistiques de ses victoires, déclenche un 130 coeur. Et 130, à ce qu'il paraît, c'est charnière. Tenter le 140 trèfle ? Je m'enflamme. J'annonce un capot. Stupéfaction chez les uns, consternation chez mon partenaire. Il s'écroule.

Je n'ose pas le regarder. Il n'y croit pas, c'est clair, la confiance qu'il plaçait en moi autrefois s'est égrenée au fil des gros contrats annoncés et jamais réalisés. Je compose mon visage, et tente de lui offrir une sérénité lénifiante, qui, je le sais, n'opère pas. Il tempête maintenant. Les deux crotales se réjouissent, confiants dans ma capacité à ne pas savoir faire taire une ambition dévorante et mal maîtrisée.

"J'aurais pu annoncer une générale mais je souhaite vous conserver comme amis. Bon, Sophie ?"

Je n'aurais pas dû parler : ma fébrilité transparaît. Ma fanfaronnade ne trompe personne. Le combat commence. Apre, rude, technique, sans merci. Un faux-pas, et c'est la trappe. Ils le savent, ils le guettent, il n'y a plus d'amis, ils ont oublié que c'est moi qui ai apporté la pizza, que nous sommes désormais deuxièmes du championnat derrière Lyon, tout cela est loin, nous sommes entièrement fondus dans les événements se déroulant autour de la table.

Un tour à carreau. Le dix ne sort pas. Je prends avec le roi. Peut-être qu'insidieusement, chemine dans leurs cerveaux mal habitués l'idée que j'aurais du répondant, cette fois, que la défaite, sinon l'humiliation pourrait changer de camp, tiens, que j'allais moi-même forger la loi du destin que j'abattrais sur leur tête. Le combat débutait par un savant affrontement de positions, il dégénéra rapidement avec l'artillerie lourde éclatant sauvagement, laminant leurs bases, fissurant leur belle confiance.

Le goût de la poudre était encore dans toutes les gorges, lorsque vînt les deux derniers tours. Les deux tours fatals, léthals, nécrosals. Phastène ouvrait du dix, l'as était piégé par mon 9, le piège se refermait. L'odeur de l'échec les saisissait soudain. Puis tout alla alors très vite. Le dernier tour ne fut qu'une formalité : j'abattais le valet qui ramassait les derniers espoirs trahis de mes anciens bourreaux.

Finis les quolibets, les jets de pierre, les "Bob, qu'as-tu cru bon de nous inventer cette fois ?", lorsque l'ironie des vainqueurs se conjugait avec la lassitude fortement exprimée de mon partenaire. Désormais le respect s'imposait avec cette victoire qui invitait chacun à se retirer du champ d'une bataille désormais achevée, avec pour seul acquis la sensation amère de la morsure de la poussière.
Par Bobzeflash
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Jeudi 12 avril 2007

(dédicace à la personne qui, si ça se trouve, se reconnaîtra)

Toujours très attaché à mon image, j’ai peur d’avoir laissé dans mon précédent article l’impression lancinante d’avoir glandé tout mon week-end pascal.

Il n’en est rien.

Déjà, dimanche, j’ai pris un bain (ce qui permet de mener à bien toutes les activités décrites lors de l’article précédent, mais dans l’eau).

Lundi, j’ai fait encore plus fort : je suis allé déjeuner dans le dehors. Avec mon ami Lolo. Il faut savoir que déjeuner avec Lolo en tête-à-tête est une chose inenvisageable dans notre cantina professionnelle tant il ne se déplace qu’avec une nuée d’individus (et même de stagiaires) avec lui. C’est donc grande joie et grand privilège que de pouvoir enfin développer, grâce à une intimité enfin retrouvée, un certain nombre de thèmes qui n’appellent pas nécessairement une publicité énorme.  Nous nous sommes attablés à une terrasse de la rue Fabre d’Eglantine (t’as vu Ada ? moi je laisse des indices bordel !), un peu esquichés il est vrai (attends, bouge pas, tu vas comprendre pourquoi je précise ça).

Mais ne voilà-t-il pas que profitant sans doute de cette esquichade (là ! t’as vu ?), ma voisine de droite, une charmante blonde platine aux yeux bleus, commence à m’entreprendre. Je n’ai rien, a priori, contre les charmantes blondes aux yeux bleus, sauf que là, j’avais pas la tête à ça, mais bon, comme je suis un bon garçon en apparence, j’ai accepté de converser avec elle. Au départ, elle s’est intéressée à ce qu’il y avait dans mon assiette : je lui ai appris qu’il s’agissait de lasagnes. Peu après, la conversation s’est orientée vers la guerre et les Allemands : là, tu me diras, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille, ben oui mais bon, c’est facile d’apprécier la situation bien calé dans ton fauteuil, moi j’étais au cœur de l’action… donc je n’ai rien vu venir. Je n’ai compris qu’au moment où elle a évoqué le cas d’une dame de sa connaissance, mère de quatre enfants, sans que le père soit connu : à sa manière psychorigide de stigmatiser le comportement de ladite dame, je me suis dit qu’elle devait être bien endommagée, et c’est là que j’ai réalisé qu’elle avait plus de quatre-vingt ans.

Total, je n’ai toujours pas pu discuter vraiment avec mon pote, et ce par pure politesse (lâcheté serait un terme plus exact), vu les perspectives sexuelles limitées. Décidément j’aime pas les vieux (plus tard, j’aimerais pas les jeunes, mais pour le moment c’est les vieux).
Par Bobzeflash
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Mardi 10 avril 2007
Ma mère est une étrange personne : elle considère qu’une journée passée au lit est une journée perdue (oui, je sais, elle est étrange, je viens de le dire). Si en plus il fait beau, ça explose son cadre d'entendement. Par exemple, si elle me demande ce que j’ai fait de mon samedi, je vais lui dire que je suis allé au Palais de Tokyo, et elle sera contente (en vérité, elle sera soulagée). Sauf qu’alors, je lui mentirais, puisque l’horrible vérité est que j’ai conservé mon lit avec une assiduité remarquable, et à évoquer ce souvenir-là ici avec vous, j’ai peur de n’éprouver aucun remords. C'est vrai qu'il faisait très beau. Sauf qu’un samedi, dans son lit, il y a plein de choses à faire :

- faire le point : j’aime bien faire le point, ça m’occupe, ça fait passer le temps ;

- lire : j’aurais pu lire « voyage autour de ma chambre », mais il aurait fallu que je me lève pour le chercher dans ma bibliothèque ; j’ai préféré Apollinaire, c’est plus pratique, il est sur ma table de chevet ;

- faire des trucs qui ne vous regardent pas ;

- regarder la télé (et s’en plaindre, voire se surprendre à prendre plaisir à s’énerver contre des émissions débiles en espérant qu’elles se terminent rapidement pour pouvoir éteindre et passer à autre chose) ;

- téléphoner (il est important de téléphoner, notamment pour ne rien dire, mais tout en le disant quand même parce qu’on ne sait jamais).

En fait c’est pas mal la vie chez soi. Si j’osais, je resterais bien chez moi pour élever l’autre rigolo, puisqu’il paraît que ça se fait désormais et même qu’on peut en faire un blog, en tout cas c’est ce qu’a fait l’ami Miko
(c’est pas que c’est le fils de l’oncle de la cousine de ma copine Tutu, mais moi je trouve ça très drôle)
(le jour où être papa à la maison est socialement valorisé et outrageusement subventionné, je m’y mets)(sauf que pour les dessins c’est pas gagné)
Et tant que j’y serais, j’essaierais de me procurer cette preuve incontestable du génie humain.
Par Bobzeflash
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Mardi 30 janvier 2007
Ayant récemment appris que j'étais "le papa le plus nul du monde" et que "de toute façon j'aime que Maman", j'ai décidé de vendre mon fils sur e-bay.

Hé bien figurez-vous que ce n'est pas possible !!! A la rubrique bébé il n'y a que vêtements et accessoires.

Que faire ?

Appeler le service des encombrants de la mairie ? (je risque de m'exposer à une nouvelle déconvenue)

Le perdre dans le bois de Vincennes ? (trop tard je lui ai lu le Petit Poucet)

Aller rendre visite à sa marraine et faire semblant de l'oublier ? (nan elle a trop d'expérience, marchera jamais)


Sans compter que si je réussis, sa mère va encore trouver le moyen de se formaliser.

La prochaine fois, j'y réfléchirais à deux fois avant de foncer tête baissée dans des projets insensés et, si ça se trouve, irréversibles.
Par Bobzeflash
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Samedi 30 décembre 2006
Alors que j'arpentais la chaussée de mon boulevard à moi, ne voilà-t-il pas qu'un jeune - casquette mal axée, foulard sur la casquette, jogging blanc dont la jambe gauche était curieusement montée jusqu'au genou - cherchait-il à faire passer un message ? - entassement de trois ou quatres capuches, marques socialement valorisées et mises en évidence, lunettes de soleil à verres progressifs, visiblement en transit de sens identitaire, aborde un factionnaire, détenteur du monopole de la violence légitime dans le périmètre, et pour autant de constitution plutôt débile.

Sauf que l'abordage susmentionné s'est déroulé assez loin de moi-même, ce qui fait que je n'ai pu apprécier la teneur des premiers propos échangés (et, pire encore, ne peux vous les relater). Tout ce que j'ai pu constater fut la montée en puissance d'un échange où les gesticulations s'ajoutèrent aux paroles, et ce jusqu'à une forme de bousculade puisque le jeune homme appliqua ses paumes sur la poitrine du fonctionnaire, et y imprima un mouvement tel que l'apostrophé recula de plusieurs pas, manquant de s'affaler. C'est alors que, en toute simplicité, il dégaina son arme de service.

***QUIZZ du JOUR***

Que croyez-vous donc que l'interlocuteur de ce policier fit ? :
a - il s'excuse et lève les mains en signe de reddition,
b - il s'enfuit,
c - il s'évanouit (à sa place, c'est l'option que j'aurais choisie),
d - il gifle le policier.

Eh oui, la bonne réponse est bien entendue la réponse D. La fin de l'histoire fut peu glorieuse : le jeune homme poursuivit son chemin, sans savoir où il allait, du coup, car sans doute n'avait-il pas obtenu du policier toute satisfaction quant au probable renseignement itinératoire qu'il avait demandé (mais jean-jacques shul ne nous dit-il pas que la meilleure manière de ne pas se perdre est de ne pas savoir où l'on va ?) et le policier eut l'air pressé et changea de rue (après avoir rangé son arme).

Allez, c'est pas tout ça, mais comme on dit au pays : bon bout d'an, à l'an qué vint !
Par Bobzeflash
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Dimanche 5 novembre 2006


Ce week-end, donc, j'étais à Marseille.

Sauf que là, j'ai fait une légère erreur de calcul : je n'y suis pas allé seul, et pire, j'étais accompagné d'une fille (l'erreur de débutant, je sais, mais bon, en ce moment je bosse beaucoup, je suis plus habitué, alors je fatigue et je perds en lucidité).

Déjà, parce que tu es obligé de te fendre d'une visite culturelle au lieu d'aller boire des coups sur le port (la Maison diamantée, le Panier, la Vieille Charité, les Majors, le Fort Saint-Jean, le ferry-boat, le four des navettes, l'abbaye de Saint-Victor), et ensuite, sans réfléchir, une nouvelle fois, tu commets l'erreur de débarquer rue St Fé (LA grande rue commerciale), un samedi après-midi. Parce que lorsque le talon va, c'est la pointe qui va pas, et quand la fermeture éclair est bien placée, c'est le revers sur le haut de la botte qui déconne.

Donc là, forcément, tu te dis qu'au moins tu as gagné ta place au pub pour le match, eh ben non, à la suite d'une manipulation mentale qu'il convient de saluer, soyons fair-play, te voilà à la Queue-en-Paille, juste à côté du carré Thiars, un restaurant réunionais surtout frappant par la présence de notre serveur, Benoît, d'une incommensurable lenteur que ça pourrait même en devenir drôle (à tel point que nous avons nous-mêmes écrit la commande sur son carnet, c'est vrai, qu'il a fallu légérèment insister pour avoir les desserts - "Benoît, sans te commander, hein, attention, on veut pas te brusquer, tu penses à nos desserts, à l'occasion ?" - et même l'addition - "Ecoute Benoît, loin de nous l'idée de vouloir nous immiscer dans ta vie professionelle, mais bon, dès que tu as cinq minutes, tu penses au petit papier qu'on t'a demandé tout-à-l'heure ?", et là, comme il devait bien être minuit et que le lit me tendait les bras grands ouverts, ne voilà-t-il pas que la gourgandine souhaite écouter de la musique !

Comme j'ai un peu perdu mes habitudes, je cherche un peu dans ma tête. Certes Benoît nous propose de nous retrouver dans le bar à vodka du cours Estienne-d'Orves, mais bon, comme je crains qu'il en veut à mon intégrité physique, j'envisage plutôt une migration, via le toujours sympathique quartier de l'opéra et ses putes avenantes, vers le cours Julien et jusqu'à la Plaine, où je propose de tenter l'Intermédiaire. Certes, les billards ont disparu au premier étage, mais pour le reste, c'est toujours aussi bien, la pression à 3 euros 30, et comme toujours un concert gratuit : vu le chapeau du chanteur, on se dit que c'est du ska, et à l'oreille, oui, ça se révèle bien être du ska, et même que c'est pas mal du tout, en fait, sauf que le chanteur ne sait pas chanter, mais il sait jouer et finalement on s'en fout tellement c'est bien, rigolo, entraînant et assez pro, en fait. Deux grandes affiches ne laissent hélas pas de doute sur le nom du groupe : c'est "Gérard et les stars", un groupe d'Arles qui ne se prend pas au sérieux mais qui envoie bien le bois comme disent nos amis savoyards.

Et bon, là, à deux heures du matin, tu penses que tu l'as bien méritée ta nuit de sommeil, eh bien non, même pas, tu es encore sollicité pour donner de ta personne, t'imagine, deux heures du mat, en plein week-end, n'importe quoi, bon moi tu me connais par correction j'effectue mon devoir, je la bâcle, puis je m'endors du sommeil du juste sauf que le lendemain matin, je suis jeté à bas du lit à une heure à peine chrétienne pour aller voir la mer avant de prendre le train (l'intérêt de voir la mer, je te demande un peu, c'est toujours la même chose, des rochers, des vagues, y a pas de quoi se relever la nuit, justement).

En plus on a perdu, à domicile, 0-1, contre des Bretons.
Par Bobzeflash
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Vendredi 20 octobre 2006

Il n'y a pas si longtemps, c'est-à-dire au cours du printemps, j'ai organisé chez moi l'un de mes célèbres apéritifs où tout Paris se précipite... La technique de l'apéro est quelque chose d'éprouvé que je conseille à tous les gens comme moi qui ne savent pas recevoir leurs amis : prétendez que vous faites un apéro, simple prélude à une sortie subséquente. Vous vous contenterez ainsi de mettre des cacahuètes dans un bol, trois carottes près d'une béchamelle, et le tour est joué. Bien sûr, à minuit, vos amis qui sont toujours là ont faim. Comme c'est officiellement un apéritif et que vous n'êtes pas censé avoir prévu quoique ce soit, ils ne sont pas regardants et lorsque vous brandissez hors du congélateur vos pizzas trois fromages ils sont ravis, reconnaissants et soulagés.

Bref sur les coups de 23 h - minuit nous étions tranquillement en train de nous congratuler d'être tous en si bonne compagnie lorsque deux d'entre nous qui se faisait vraiment ch qui désiraient fumer se rendirent à la fenêtre (sachant que j'habite sur un grand boulevard ; le vis-à-vis n'est donc pas immédiat, mais reste perceptible à l'oeil nu ; c'est ainsi par exemple que l'été, pile en face de moi (depuis ma pièce principale, eh oui tiens donc une métaphore filée), j'ai une voisine qui se déplace nue dans son appartement, mais je ne la vois pas bien bien quand même). Là, ils ont avisé un Monsieur d'un immeuble de l'autre côté de la rue qui est sorti sur son balcon tout nu. Le Monsieur est venu tout contre son balcon, et avec le geste le plus naturel du monde, s'est soulagé (récapitulatif : il s'agissait du cinquième et avant-dernier étage, les immeubles étant tous bornés à six étages sur ce boulevard). Cinq étages plus bas, un demi-cercle foncé s'est rapidemment dessiné au sol (il n'y avait pas de passants à ce moment-là). Ensuite, le Monsieur tout nu, au lieu de rentrer piteusement chez lui, a allumé un cigare ou une cigarette et s'est installé dans un fauteuil. Il a fumé tranquillement pendant que les passants intrigués ralentissaient au moment d'aborder le demi-cercle et finissaient (odorat ? instinct ?) par le contourner.

L'événement a été commenté et globalement condamné. Eh bien moi, secrètement, j'ai admiré le Monsieur tout nu. Parce qu'au-delà du fait que tout ça c'est pas propre (on est bien d'accord), je serais bien incapable de le faire. Du coup j'avoue que l'aplomb avec lequel cela a été réalisé m'a scotché.

Par Bobzeflash
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Jeudi 12 octobre 2006
Il faudrait quand même que je songe à raconter mon jeudi, moi, un de ces jours...

9 h 25 : j'arrive au boulot. J'avise ma chef, devant moi, qui fait tout pour ne pas m'attendre. J'accélère, juste pour la faire chier et prendre l'ascenseur avec elle.  Elle me fait : (notez l'absence de "bonjour") "pour le dossier machin, vous n'avez pas compris, vous passerez me voir".

Encore une belle journée


13 h 15 : je me plante une arrête dans la gencive. J'ai mal. Je vais aux toilettes de notre restaurant d'entreprise afin de l'extraire. Je comprends tout de suite que ça va être difficile. Arrive un collègue du bâtiment d'en face. Je le mobilise sur la question.
Visualisation de la scène : je tourne le dos au lavabo et je suis penché en arrière, pour que le néon éclaire ma bouche. Mon collègue me fait face, il est penché sur moi, avec ses doigts dans ma bouche. Arrive un monsieur très important, ami de Mégachef, qui marque un temps d'arrêt. Cependant, l'extraction se passe bien.

13 h 30 : je rejoins mes collègues. Thèmes de la conversation :
- Je souhaite acheter de la lingerie. Mes collègues, tous masculins ce jour-là, multiplient les conseils et les adresses : visiblement un sujet bien maîtrisé. Nous parlons de la théâtralisation du sexe qu'amène le porte-jarretelle.
- Nous faisons des paris sur le nobel de littérature. Comme chaque année, je mets un café sur Kadaré, comme chaque année je perdrais.
- On dit du mal des autres collègues pas là.

14 h 45 : je reviens de mon achat à la Madeleine. Mes collègues me demandent ce que j'ai acheté, le prix, et quand est-ce que ce sera consommé. J'offre le calendrier Aubade qui m'a été offert à un collègue qui l'accepte avec joie (comme quoi on peut être catholique pratiquant et rester ouvert aux belles choses du monde).

17 h 30 : déjà à la bourre, je me précipite dans le métro pour aller chercher mon Tamagoshi. Le Tamagoshi est un petit jeu vidéo qu'il faut régulièrement nourrir, amuser, faire dormir, et ne pas oublier d'aller le chercher à l'école sinon il va se retrouver tout seul sur le trottoir et sa mère va encore trouver à redire.

18 h 15 : affublé du Tamagoshi, je vais à la dédicace d'Emmanuelle, pour ceux qui ont suivi, que je n'ai pas vue depuis dix ans. Je passe à côté de S. que je ne reconnais absolument pas (elle a pris 20 ans en 10 ans), puis j'avise le groupe des mères : aujourd'hui globalement grand-mères, elles n'ont presque pas bougé, entre 40-50 ans et 50-60 ans finalement ça ne bouge pas tant que ça, on se salue, on se congratule, on papouille le Tamagoshi, et elles me jettent à la face de bonnes petites anecdotes sur moi-même que je m'étais à l'époque empressé d'oublier. Bref c'est un bon moment, et Emmanuelle est toujours aussi jolie.

17 h 55 : une collègue m'envoie sur ma boîte perso ce message où A figure un mégachef :

    A : Finalement le directeur n'aurait jamais dû prendre sa déclaration au patron de cette boite.         C'était évident, on peut pas être naïf à ce point. Ce type vu qu'il est gay il affabule complètement     on peut pas s'y fier.

    B : quel est le lien ?

    A : ben bien sur que si, les homosexuels compte tenu de leur sensibilité à fleur de peau ils             affabulent souvent, c'est obligatoire.

PS : (Le canard enchaîné ne prend plus nos lettres, ils en ont marre à force)
PPS : oui, j'ai volé les notes de musique chez Ada, mais ça m'étonnerait qu'elle s'en aperçoive.
PPPS : ambiance musicale de composition de l'article : Ludacris - Get back, mais avec ma configuration ce n'est pas possible chez moi, je vous le mettrai lundi au bureau ok on fait comme ça ?
Par Bobzeflash
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