Quelques orientations de vote

Publié le par Bobzeflash


La France au travail (photo prise dans un bus lundi matin, vers genre 6 h)

Ce matin, il a bien fallu aller travailler. Je me suis donc rendu à mon travail, tout étourdi encore de cet horaire matinal dont j'avais tôt fait de me désaccoutumer en vacances (si certaines vont canarder du marsupial dans des contrées improbables, moi je me contente d'aller à Châlons en Champagne, ville injustement délaissée par le Routard), tout étourdi, donc, et un peu hébété du rêve étrange que j'avais fait : Royal au pouvoir.

Car enfin, contrairement à l'Allemagne, la Grande-Bretagne, et ne parlons pas de l'Islande ou de ce genre de pays du nord où les avancées sociales le disputent aux taux records d'alcoolémie, la France est encore une des rares contrées à ne pas avoir accepté de femelle à sa tête. Le raisonnement qui est à l'origine de cet état de fait me paraît d'ailleurs tout à fait bien tenir la route :


"En vérité, ce serait folie que de laisser fille monter au trône ! Voyez-vous dame ou donzelle commander les armées, impure chaque mois, grosse chaque année ? Et tenir tête aux vassaux, alors qu'elle ne sont point capables de faire taire les chaleurs de leur nature ?
Non, moi je ne vois point cela, et je vous le dis, la France est trop noble royaume pour tomber en quenouille et être remis à femelle. Les lis ne filent pas !"


Gaucher V de Chatillon (env. 1250 - 1329), connétable de France (donc c'est pas un con, le mec, alors tâchez de vous en rappeler dimanche prochain dans l'isoloir).


Pourtant, le fait d'écarter les filles du trône n'est pas à l'origine un réflexe misogyne franco-français, mais une simple stratégie d'apaisement dans un contexte tendu. En effet, écoutez plutôt cet édifiant récit :

Il était une fois un roi, bel et bon, qui régnait sur le doux pays de France. La reine, sa femme, était belle et bonne. Elle donna une fille au roi. Toutefois, la reine ne se contentait pas de faire honnêtement son job de reine puisqu'elle s'abandonnait avec assiduité dans les bras de son écuyer (oui, je sais, on dirait un scénario de film porno, sauf qu'en fait c'est l'histoire de France). Sans doute le bon roi ne se serait jamais douté de rien, sans l'intervention de sa soeur à lui. En effet, la soeur offrit à la reine une bourse brodée ; et un beau jour, la soeur reconnut la bourse portée par l'écuyer : elle confondit ainsi sa belle-soeur (les filles entre elles, hein bon tu m'as compris, alors entre belles-soeurs...). Du coup, on attrapa l'écuyer, on lui administra un traitement approprié (castration, épluchage et décapitation) et on enferma la reine (avec sa soeur à elle, parce que là je vais à l'essentiel, donc je vous raconte pas tout, mais la soeur de la reine, qui était la femme du frère du roi, se tapait également un écuyer, sur les conseils de sa soeur). Le roi ainsi se remaria, mis sa nouvelle femme enceinte, et mourut.

Du coup, le grand conseil de succession se réunit. Et la première orientation fut de consacrer la première fille du roi. Rien ne s'y opposait (la loi salique étant un héritage indirect, et pas forcément transposable au cas présent) et ç'aurait sans doute dû être fait ainsi sauf qu'il existait un doute quant à la légitimité de l'enfant. Et dans le doute, il valait mieux ne pas lui confier le trône (principe de précaution défendu par Bruxelles et déjà appliqué en France). Or, si l'enfant à naître (le second, celui de la seconde épouse) était une fille, et qu'on la nommât reine, le duc de Bourgogne, père de la reine infidèle, grand-père de la première fille, pouvait en prendre ombrage et déclencher une guerre civile. On décida donc, avec grande sagesse, d'envisager un décret d'impossibilité d'accession pour les femelles, non qu'elles étaient incapables, mais parce que sinon ç'aurait été le bordel avec la Bourgogne.

Donc, bref, si vous avez bien suivi, les femmes n'ont pu accéder au trône en France parce que l'une d'entre elles fut incapable de faire taire les chaleurs de sa nature.

Alors maintenant, merci de ne pas venir vous plaindre.

Décidément, il avait bien raison mon grand-père lorsque, afin de clore définitivement une argutie de ma grand-mère, il s'écriait : "ah, les femmes !" (forme d'interjection qui constitua ma première approche de la gent féminine).
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Chick 05/05/2007 12:10

j'ai enfin compris l'histoire de Lady Di : merci !

Miette de Savane 02/05/2007 22:12

En même temps quand je dors sur mon voisin dans le métro, je ne fais pas de bulles avec mon nez, je ne bave pas sur son épaule, et ça sent bon dans ma bouche. Ehhh ouais. C'est ça, la classe féminine.

Bobzeflash 04/05/2007 11:19

Tu sais, quand on dort, on dort. Donc on ne se rend compte de rien. Peut-être bénéficies-tu simplement de voisins de métro très sympathiques et très discrets, visiblement pétris du souci de t'épargner tout embarras. Enfin je dis ça, c'est juste pour être méchant.

Aurélia 02/05/2007 13:43

On veut un nouveau billet !!!!Vite !!!!!!(C'est laconique, certes, mais ça a le mérite d'exprimer mon sentiment, ok ?).

Bobzeflash 04/05/2007 11:10

Moi, je veux une nouvelle bannière.Vite !!!!!!(tu crois que le message est passé là ?)

Aurélia 27/04/2007 19:10

Moi, le 6 mai, je vais à la pêche.

Bobzeflash 04/05/2007 11:09

Toi, tu fais comme qu'est-ce qu'on t'as dit de faire et tu seras bien mignonne. Merci.

la greluche 27/04/2007 18:50

Alors que la reine, elle voulait juste être belle et bien bonne en rapportant un bon poisson grâce à une nouvelle technique de pêche à l'écuyer.

Pis le p'tit roi, il avait qu'à bien s'occuper d'la reine, elle aurait pas eu envie d'poisson comme ça.

Le trône devrait donc être interdit aux cocus.
Voilà.
Ou alors non.
Je sais pas.

(comment tu dénonces les histoires de l'Histoire de France, t'as pas peur de te voir souffleter par le Duc de Bourgogne, toi)

Bobzeflash 04/05/2007 11:08

C'est pas très sympa pour les cocus. Déjà qu'ils sont cocus, ils pourraient même plus être rois (tiens, c'est curieux cette poussée de solidarité pour les cocus que j'ai moi...)