Y a pas que Zweig qui peut faire des tribiographies d'abord

Publié le par Bobzeflash

Les (la) personne(s) qui me li(sen)t régulièrement n'aur(a)ont pas manqué de noter chez moi le côté macho dont je me targue (moi, je suis comme ça, j'aime bien me targuer, même de bon matin). En effet, même si je peux, à l'occasion, laisser apparaître de petits défauts de virilité (ainsi, je pleure au cinéma et je me brosse les dents le midi), je suis globalement assez pénétré de l'idée que les êtres féminins ne sauraient être dotés d'une véritable sensibilité, pour la solide raison qu'elles ne font pas pipi debout.

Apparté : écrivant ces lignes, me revient en mémoire mon professeur d'histoire-géographie de terminale, chère Mme B., qui avait eu les couilles de balancer à une classe de 32 élèves dont 29 filles : "on aurait jamais dû donner le vote aux femmes, elles votent en fonction de critères physiques".

Cependant, je dois bien reconnaître que certaines représentantes de ce sexe étrange dérogent à mon affirmation pourtant péremptoire. J'ai souhaité ici en présenter trois, dont je ne vous dévoile pas l'identité puisqu'il s'agit d'un jeu-concours dont je ne sais pas encore quel sera le prix, puisqu'on me retourne mes photos de nu quand je les offre.

L'histoire de la première (attention ce n'est vraiment pas drôle) est entourée d'un halo de ténèbres, mais une chose est sûre : c'était une vraie rebelle, ce qui est rare, et comme tous les vrais rebelles, elle a payé le (dur) prix. A 16 ans, son destin semblait déjà tracé : elle écrit une nouvelle sur la mort de Dieu, elle gagne le prix mais se met à dos la population bien pensante. Ce sera la même chose pour sa carrière à Hollywood, brillante mais fulgurante, où elle refuse de se laisser dicter sa conduite et mène sa barque en fonction de ses propres choix.
Reconnue instable en raison d'un traitement aux amphétamines (benzédrine) qu'elle prenait, elle a été internée : pendant sept ans (avec de brefs répits mais chaque fois réinternée à la demande de sa mère, désignée comme sa tutrice, devant son refus de renouer avec le cinéma) elle va connaître un monde brutal et dégradant, celui de "psychothérapie de choc", qui multiplie les traitements aujourd'hui bien sûr illégaux (traitement de choc d'insuline, 90 injections pour "une torture psychiatrique brutale qui assomme le corps en plus d'infliger des dommages du cerveau étendus" ; électrochocs ; hydrothérapie : plongée 6 à 8 heures dans un baquet d'eau glaciale ; prostituée aux soldats de la base militaire locale ; violée et maltraitée par les plantons ; employée comme sujet d'expérience pour des drogues telles que Thorazine, Stelazine, Mellaril et Prolixin ; lobotomisée : subissant le traitement du Dr Walter Freeman, le premier "psychirurgien" de l'Amérique qui a développé la lobotomie transorbitale (un traitement qui consiste à inciser les paupière et insérer de la glace dans le but de déchiqueter le cerveau)...
Elle déclara que les psychiatres "détruisaient systématiquement la seule chose à laquelle elle ait jamais pu se raccrocher dans la vie, sa foi en sa propre créativité artistique." Elle vécu ensuite quelques années en recluse, mais sans jamais retrouver ses facultés.

(au cours d'une arrestation)
Indice 1 : elle était un mélange de Grace Kelly, Lauren Bacall et Greta Garbo
Indice 2 : une célèbre chanteuse française a repris son nom

L'histoire de la deuxième n'est pas drôle non plus. De deux ans la cadette de la première, celle-ci sera internée à Sainte-Anne, où Henri Michaux lui fournira des pinceaux, de l'encre et du papier pour qu'elle poursuive son oeuvre (tourmentée) de peintre et d'écrivain. Schizophrène ("quelqu'un qui voyage en moi me traverse. Je suis devenue sa maison"), obsédée par le chiffre 99 et les arraignées, elle tentera de se libérer de ces angoisses en brûlant "une grande partie de ses dessins et de textes publiés à Berlin", puis quelques temps après, profitant d'une permission de sortie, se jettera du balcon parisien de son compagnon, Hans Bellmer.

Indice : Marcel Duchamp lui offrait des cerises.

L'histoire de la troisième n'est pas très rigolote non plus. Après un mariage compliqué à organiser (rupture des fiançailles à cause du beau-père, les futurs mariés se retrouvent après neuf ans d'attente), elle s'installe enfin avec son mari, sauf qu'elle doit alors s'occuper seule des travaux domestiques, et qu'elle fut donc obligée de ralentir, puis d'arrêter ses travaux de chimiste, malgré les dons évidents qu'elle possédait. Certes, elle permettait ainsi à son mari de travailler, et en tant que chimiste il ne devait pas être mauvais puisqu'il décrocha le prix nobel, mais il ne s'occupait pas plus d'elle que de ses dons inexploités. En fait, elle était non seulement douée, mais également dotée d'un recul qui lui permettait de porter une appréciation autorisée sur l'emploi que son mari faisait de la science : elle le soutenait dans ses travaux de synthèse de l'ammoniac desquels découlera un bienfait pour l'humanité grâce à des rendements agricoles inégalés ; mais elle réprouve son invention de l'ypérite (le gaz moutarde), et après une discussion agitée, s'empare de l'arme de service de son mari et préfère se donner la mort. Son mari va tout de même poursuivre ses travaux et mettre au point le zyklon B, qui sera utilisé dans les chambres à gaz nazies.

Indice : son mari, un Juif allemand, fut à la fois prix nobel de chimie et condamné pour crime contre l'humanité...


Tout ça me fait penser que je ne trouve nulle part "la tête contre les murs" d'Hervé Bazin, et que je suis preneur si vous en avez un exemplaire (sur la base d'un tarif raisonnablement négocié).

Message personnel qui n'a rien à voir : les bonbons Haribo, c'est pas digeste passés 20 h...

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la greluche 09/05/2007 21:21

Puisqu'il est *légèrement* trop tard, je n'aurai qu'un mot : sismothérapie.

(A l'époque où l'article a été écrit, ma vie sentimentale partait complètement en brosse à dent, tu ne m'en voudras pas de ne pas être venue - surtout que si j'avais lu ça, je me serais sentie requinquée de chez Guillotine et Cie)

Bobzeflash 10/05/2007 09:40

Je te pardonne et me réjouis donc, de ce que, a priori, ta vie sentimentale va mieux...

Badibuh 02/04/2007 15:09

Ben je sais pas si c'est que l'histoire de la photo m'a pas emballé, mais j'avais rien trouvé

Aurélia 02/04/2007 12:43

Ne nous inquiétons pas pour Drenka.Elle sait toujours si bien se tirer d'affaire....C'te chienne.(Ceci dit moi je possède DEJA une tof de Bob à pwal, ben j'en fais pas tout en pataquès, HIN).

Chick 01/04/2007 16:23

Je trouve ça plutôt bizarre que Drenka gagne au seul jeu où y a une photo de mec à poil à gagner...

dragibus 30/03/2007 08:39

Mais n'oubliez pas que "Frances Farmer will have her revenge on Seattle"
Balaise en tout cas Drenka, elle a joué et y avait même pas Vincent Delerm à trouver