Je le ferai pas tous les jours

Publié le par Bobzeflash

C'était il y a un petit moment déjà, c'était à Marseille, le jour où nous nous sommes fait virer du mac do, ce qui n'était pas si grave puisque l'été était déjà là, et que certes, y travailler six mois avait été fort divertissant (nous bénéficiions de la présence d'une bande de joyeux comiques dont l'un a d'ailleurs fini par en faire son métier), mais qu'il était temps de passer à autre chose. C'était surtout le soir où nous devions aller voir la Mano à Arles*, alors nous voilà embarqué Michel et moi à l'arrière, Judith et Camille à l'avant, pour une virée arlésienne qui promettait puisque nous avions même poussé l'organisation jusqu'à acheter les billets préventivement (pour te dire l'organisation). Nous nous garons donc sur une grande rue certainement principale ou au moins dans le genre, enfin tu vois, et puis nous entamons une longue transhumance à travers la vieille ville à la recherche des arènes (note importante de moi-même pour la suite : Judith et Camille connaissaient la ville, nous pas du tout, parce que quand tu grandis à Marseille, t'as pas besoin d'aller ailleurs, sauf éventuellement si l'OM était venu en déplacement, mais si Arles était en Ligue 1 ça se saurait).
J'aime tout particulièrement les concerts dans les arènes d'Arles (pour en avoir vu : 2) : les mauvaises odeurs de merguez aux abords, la ferveur diffuse, les premiers accords avec le soleil qui se couche, dont les rayons filtrent à travers les arcades, la combinaison étonnante de l'électrique et de l'antique, enfin bon, tout ça, super concert et tout, on va pas y passer la nuit, parce que justement la nuit elle est pas finie.
A la fin du concert, on sort en suivant distraitement la foule. Judith et Camille sont devant, et puis, si t'as suivi, nous on est derrière. On reste un peu sous le coup de toute cette émotion, sans doute, on se speede pas particulièrement, et pour tout dire, on les perd. A pu les filles. Si vous vous référez maintenant à la note que j'ai placé plus haut à votre intention, vous percevrez immédiatement le tour tragique que prenait notre virée : nous constatâmes rapidement notre incapacité à rejoindre cette foutue grande avenue incapables que nous étions de nous repérer dans les dédales de la vieille ville arlésienne, et bien sûr on n'avait pas de portables.
Quand je dis "dramatique", je force un peu le trait, parce qu'il faut savoir relativiser : les filles, arrivées à leur voiture, constatant que nous n'étions plus sur leurs talons, allaient rebrousser chemin jusqu'au point où nous nous étions perdus, c'est-à-dire devant les arènes. En tout cas, je pense que c'est ce qu'aurait fait Rambo. On s'achète donc une bière, un sandwich ("oh tu me mets gras de frites steuplé !"), on s'assied sur le petit muret perpendiculaire aux arènes, et on attend, on attend les filles qu'on ne reverra pas.
Je me souviens bien de ce moment où la plupart des petits groupes commençaient à se disperser. Il pouvait être minuit ou 1 heure : nous n'étions absolument pas inquiets, car nous savions qu'elles savaient que nous ne connaissions pas la ville, et que logiquement elles devaient revenir. Nous n'apprendrons que le lendemain soir que ces connes (oui j'ai bien cherché mais là j'ai rien trouvé d'autre) ont bien constaté que nous n'étions pas avec elles (un bon point pour elles pour cette judicieuse observation) et ont décidé en conséquence de s'installer dans la voiture et d'attendre. Sur les coups de minuit, comme décidément on n'arrivait pas, elles sont rentrées à Marseille (je vous ferais grâce des explications au retour).
En attendant, on tombe sur Stéphane, autre pote du mac do, qui tout pareil ne savait pas comment rentrer sur Marseille. On commence à se déambuler autour des arènes. Stéphane s'incruste dans un des derniers groupes traînant encore, dans lequel il s'avère que le Chao était là, et Stéphane avec le grand naturel qui le caractérise lui demande s'il ne peut pas nous ramener. Chao lui explique très gentiment que bon, tu comprends, nous on a une tournée et qu'on part vers l'ouest, mais bon sinon ça aurait été avec plaisir. On lui raconte notre histoire et on en vient même à faire un petit foot, comme ça, histoire d'évacuer la tension.
Beaucoup plus tard, c'est-à-dire genre 3-4 heures, nous errions sur ce qui devait être la grande avenue où l'on s'était garé, à la recherche d'une idée pour rentrer. Comme il passe encore de rares voitures, nous faisons du stop, ce qui ne dure pas très longtemps, à notre surprise, puisque très vite une voiture s'arrête : une voiture banalisée certes, mais bien une voiture policière, d'où sortent trois représentants de la maréchaussée. En y repensant plus tard, on se disait que pour surgir comme ça à trois c'est qu'ils étaient déjà bien chauds. On discute, le ton monte très très rapidement, ils veulent nous fouiller, on refuse, ils appellent des renforts et nous invitent à monter dans les deux voitures désormais présentes. Il faut bien préciser qu'un flic, à 3 heures du matin à Arles, ça n'a pas grand chose à faire. Nous nous retrouvons donc au poste, où nous sommes séparés : pour ma part, je bénéficie d'un interrogatoire de la part d'un factionnaire dont je pressens tout de suite les grandes qualités de recul et de compréhension. Il me demande si j'ai participé à l'achat ou à la consommation des petits machins trucs qu'ils ont trouvé sur nous. J'ai l'excellente idée de lui faire valoir que la France est signataire du pacte international des droits civils et politiques, dont l'article 14 prohibe formellement qu'un accusé soit forcé de témoigner contre lui-même ou de s'avouer coupable. Immédiatement, je sens que ça ne lui a pas plu, qu'est-ce que c'est que ces petits cons de bourgeois d'étudiants en droit de mes c***, et je suis invité à rejoindre une cellule. Visiblement mes deux camarades ne s'en sont pas mieux tirés puisqu'ils finissent aussi dans l'autre cellule, mais au moins ils sont ensemble. Nous allons y passer environ sept heures, et je n'aurais pour seule visite durant ce laps de temps qu'un compagnon d'infortune qui ira se coucher dans un coin et s'endormira (visiblement très éméché, pas vraiment l'abbé Faria que j'espérais).
A onze heures du matin, les flics nous proposent de signer un document selon lequel ils nous ont trouvé en état d'ébriété sur la voie publique : c'est bien sûr rigoureusement faux, mais on signe parce qu'on aimerait bien revoir nos mères respectives un peu quand même, et ils ont l'obligeance de nous indiquer le chemin de la gare, où nous prendrons un train sans payer parce qu'on avait pas d'argent, d'une part, et qu'on était trop des repris de justice de toute façon, d'autre part.
Bon, les filles on les explosées, hein, bien sûr, elles ont eu beau nous regarder avec leurs grands yeux étonnés, et je les soupçonne même, au tout début de l'explication, d'avoir voulu nous demander des comptes parce que quand même, elles nous avaient attendu bien une heure dans la voiture, les chounettes.



* Entre l'âge de 7 ans mettons, c'est-à-dire le premier éveil de la conscience politique, et 17, âge de quittage de la maison familiale, j'ai vécu 10 longues années bercé par les débats inintéressants mais fréquents entre Papa et l'oncle René sur la nécessité de faire précéder Arles par "à" ou "en", et vas-y que c'est une ville de Provence, alors bon, et vas-y que c'est une ancienne cité romaine bornée par une enceinte, donc voilà, bref, moi j'ai démissionné du débat il y a bien longtemps déjà.
*** ouilles

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Badibuh 23/09/2006 11:17

Et bien moi je trouve que les filles avaient raison. De toute façon les filles ont toujours raison. (Il est malin ce Badibuh...)

Bobzeflash 25/09/2006 01:00

Badibuh c'est vrai que t'es malin mais reste dans les limites de la crédibilité (signé : un jaloux de ta technique)

chick 22/09/2006 17:44

Pour résumer, un fil rss, ça permet à tes visiteurs de pas rater une seule de tes élucubrations e-pistolaires (en même temps, avec ta production, on peut quasiment venir tous les jours et trouver un nouveau post). Je préfère ne pas m'étaler sur la question parce que ça risque de devenir compliqué (et aussi très chiant). Sur ce...

Bobzeflash 25/09/2006 00:46

okça me vaj'étudie le truc et on en parle (sachant que je ne suis pas doué mais plein de volonté) (comme pour les filles quoi)

chick 21/09/2006 21:21

Ah, j'oubliais, maintenant que tu sais mettre de la musique sur ton blog,  que dirais-tu d'ajouter le fil rss ? (j'ai un peu la flemme de t'expliquer ce que c'est, demande à Mnemo)

Bobzeflash 22/09/2006 16:37

bon moi tu me connais je suis pas du genre à dire non pour le plaisir, sauf que ça sert à quoi un fil rss ??? si c'est pas indiscret ???

chick 21/09/2006 20:00

Eh ben heureusement que les mecs sont censés avoir un sens de l'orientation supérieur... C'est vrai qu'elles ont été de belles salopes, sur le coup !

Bobzeflash 22/09/2006 16:28

ça c'est notre côté féminin je ne dirais pas "salopes" car ce n'était pas intentionnel... "connes" me paraît pas mal...

ancat 21/09/2006 18:47

La prochaine fois que je me retrouve en tôle, je peux t'appeler comme avocat ? ;-)

Bobzeflash 22/09/2006 16:27

ben tu parles, si j'étais un bon avocat j'aurais mieux négocié parce que là je pouvais pas faire pire... donc appelle un vrai avocat, c'est plus cher mais c'est mieux