scène érotique en 3 versions

Publié le par Bobzeflash

Mon agent : "M'enfin Bob qu'est-ce que c'est encore cette histoire ? on peut pas te laisser seul cinq minutes ??? tu crois que c'est avec des articles comme "la vie c'est nul" que tu vas répondre à l'attente de tes lecteurs ?

- attends bouge pas j'ai ce qu'il leur faut"

Lorsque vous faites un rêve érotique, il ne faut pas hésiter à en faire part à la personne intéressée. Celle-ci est susceptible (mais est-ce lié ? sans doute pas en fait) de vous proposer un texte érotique rédigé par ses soins en vue d'une publication. Pourquoi donc ne pas décider que ce blog est un blog multilatéral, ouvert aux initiatives artistiques de chacun ? eh bien oui. Allons-y.

Voici donc une scène érotique qui possède deux versions. Si vraiment vous n'avez rien d'autre à faire, je vous serai très très gré de bien vouloir m'indiquer la scène que vous préférez, éventuellement pourquoi, et le cas échéant le sexe auquel vous appartenez, histoire de voir si on peut en tirer des lois sociologiques (moi, j'aime bien les lois sociologiques). Si vous désirez vous lancer dans une analyse de texte (ce qui constituerait une séquence d'arroseur arrosé) vous êtes évidemment les bienvenus. Les éventuelles félicitations seront transmises. Fin des précautions liminaires. Je cède donc la parole à Isabelle.

SCENE EROTIQUE … ENFIN, POUR MOI.

 

Je sortis dans le jardin derrière la maison où se tenait la fête. La lumière du crépuscule auréolait le décor d’ombres insolites. J’avais les pieds nus, et je sentais -ou voulais-je le croire- la  rosée qui remontait de la terre, comme un soupir humide, soulagée que le soleil se couchât enfin. Il était étendu à même le sol, la chemise ouverte, les bras le long du corps, les yeux fermés  mais son souffle irrégulier montrait qu’il ne dormait pas. Seuls ses cheveux blonds reflétaient une faible impression de vitalité. Je m’approchai, m’assis près de lui, tout en le regardant pour la première fois attentivement.

 «  Vous paraissez si malheureux que vous faites peur aux gens. Personne ne peut aller vers vous ou vous toucher. »

En disant cela, je tendis la main vers la légère clarté de ses cheveux, les effleurant comme les plumes d’un oiseau aux ailes brisées. Il ouvrit les yeux à ce contact – mais l’avais-je touché ? – et ne sembla pas surpris de me voir ainsi, dans cette posture intime, un autre corps que le sien, inconnu, si proche tout à coup.

L’air doux, la moiteur cachée de la terre, contrastaient avec l’immense tristesse que son regard osait à peine refléter. Il prit ma main dans ses cheveux d’enfant, sans esquisser le moindre son, mais ce geste parut naturel, léger, et ma main, à présent à plat sur son ventre, sentait palpiter son poul plus lentement ; j’étais liée aux battements du sol à travers sa chair à lui. Un inconnu. Ou presque. Il me regardait à présent avec le regard profond des gens dont l’âme blessée se reflète dans l’iris. Le centre de ses yeux était dilaté par l’ombre qui s’épaississait ; noir  et bleu, dans les mêmes proportions.

«  A cette heure, vos yeux hésitent, ne parviennent pas à choisir leur camp. Au soleil, est-ce que le bleu l’emporte pendant un moment, est-ce qu’il dissout le chagrin ? La mélancolie n’est pas une fin en soi. Je vous regarde, je n’ai pas peur, je ne vous connais pas. »

Son visage se détendit, légèrement, ou était-ce juste la lumière qui baissait ? Il n’y eut pas de réponse ; je n’en attendais pas. Son autre main se tendit vers mon visage dont il ne pouvait sans doute voir l’expression, il le rapprocha de lui, pour me sortir de l’ombre. A quelques centimètres, je pouvais distinguer la texture légèrement irisée de sa peau. Je remontai ma main de son ventre à la base de son cou, pour vérifier les pulsations. En partant du nombril, sa peau s’adoucissait puis devenait à nouveau plus rugueuse à mesure que je m’approchais doucement de la bouche. Je lisais en braille sa jeunesse, sa vie d’homme à peine  amorcée et déjà lourde de tous ces secrets qu’il portait comme une fatalité. Nous ne pouvions qu’échanger ce moment, cette bulle au milieu de l’obscurité, de la fête, ce lien qui, de manière imprévisible, s’était immiscé entre nos deux solitudes.

Je lui soufflais tout cela en l’embrassant légèrement comme pour retenir une effluve de chèvrefeuille un soir d’été, le bruissement d’un animal en lisière de forêt. Je ne savais plus si c’était juste le désir d’un corps étranger, l’impression d’avoir vu furtivement un éclat particulier, le mélange troublant du bleu et du noir, le battement de la terre qui me poussaient contre lui, ma langue lui parlant, cherchant à boire les mots qu’il ne disait pas.

A présent, ses mains encerclaient mon cou, sans le serrer, comme le font les racines d’un arbre autour d’un rocher. J’avais l’impression enivrante qu’il sortait de terre pour me prendre, pour m’absorber toute entière, décomposés l’un dans l’autre, ultime sursaut de vie, de renouveau, dans une existence morte. Le grondement, la pulsation s’étaient accélérés, partant toujours du centre de son ventre, mais de manière plus diffuse, remontant de ses artères, de  l’herbe, de l’air, éveillant les cellules de ma peau au fur et à mesure que mon esprit s’embrumait.  Il me touchait, glissant sans ordre précis, comme un vent orageux qui se lève avant la pluie, désordonné, brutal, inattendu. Ses yeux, grand ouverts, regardaient à travers moi, sans étonnement, contemplant le frémissement de ma peau, surface soudainement ondoyante, dans laquelle il semblait se baigner, à la source de toute forme d’intelligence, de déception, de lassitude.

Nous rentrâmes peu de temps après, chacun de notre côté, dans le bruit de la salle. Je sentais encore battre son sang dans mon ventre, mais les odeurs de fumée et d’alcool, de fête et de fin de soirée commençaient à chasser celles de l’instant que je venais de vivre –mais l’avais-je vraiment vécu ?-.

Il souriait  à d’autres gens, mais je savais que cela m’était destiné. Il me disait ainsi :

«  Rassure-toi, j’ai compris. Je suis différent et tu l’es aussi. Cela ne se passera pas comme d’habitude. Je ne dirai rien qui puise te faire croire que tu t’es trompée. »

 

DEUXIEME VERSION, destinée plus particulièrement à Bob (l’éponge). Et là, c’est le grand jeu des sept différences (au moins…)

Je sortis de la salle de mariage parce que le vin, la cigarette me faisaient tourner la tête depuis déjà quelques minutes. Enivrée, rendue lascive par cet excès d’émotions et de fête, je partis faire quelques pas dans le jardin humide. La sensation de cette mouillure sous mes pieds me donnait envie de me rouler par terre (« de me caresser les seins », cela serait un peu too much…Mais passons).

Un peu plus loin, j’aperçus la silhouette allongée d’Armand, un garçon trompé et humilié par sa femme. J’avais toujours eu du mal à lui parler, mais l’obscurité me rendait plus téméraire, comme les animaux qui ne sortent qu’à la nuit tombée pour faire peur aux petites filles perdues dans les bois.

Il était la proie. Je m’approchai de lui doucement, avec aucune intention néanmoins de le surprendre. Sa chemise était ouverte, ses cheveux blonds reposaient sur l’herbe, ses bras ne bougeaient pas, étendus le long de son corps. Je le trouvai alors très désirable, un peu vulnérable, viril, à portée de pieds.

«  Tu t’es volontairement perdu ? » Il ne répondit pas.

« Je suis la seule à te chercher »

En disant cela, je m’assis près de lui, il ouvrit les yeux, me fixa, les mâchoires serrées. L’air semblait chargée d’électricité, ou était ce seulement moi que l’intimité soudaine créée par la situation troublait.plus que je ne le croyais ?

Je posai ma main sur son ventre découvert. Je pouvais déjà constater qu’il était très troublé, lui aussi, par cette situation. Il prit mon cou entre ses mains, le serra assez pour couper un peu ma respiration, et m’attira à lui, m’embrassant, sa langue me faisait comprendre qu’il ne se laisserait pas dominer cette fois-ci, qu’il était le prédateur. Les muscles fins de son torse et de son ventre s’étiraient, prêts à jaillir pour m’attraper. Je voyais la veine de son cou, légèrement gonflée qui palpitait. L’odeur de sa peau me donnait envie de le mordre. Il me mit à terre, tenant mon cou d’une main, dégrafant mon corsage de l’autre, fébrile, et il savait, que déjà mon ventre le réclamait. Je voulais bien être vaincue, j’acceptai la curée si c’était lui le maître d’œuvre.

Sans dire un mot, il me mit sur le ventre, souleva ma jupe, alors que ma tête cognait, que mon visage s’écrasait sur le sol. Il semblait vouloir me faire payer ce qu’elle lui avait fait, et je ne lui demandais pas de me faire croire que j’étais exceptionnelle. Tant pis pour la suite, le vide, je me sentais vivre, malgré l’ asphyxie.

 

A suivre ???? Ou pas. J’ai du mal à écrire ce genre de texte à la première personne. Et puis, je sombre rapidement dans le texte « de fille ».

Au risque de faire un article un peu long, mais puisque désormais ce blog est ouvert à toute initiative, voici une troisième version, inspirée par Isabelle mais écrite par Bruno B., un mâle, un vrai, un pas rasé, qui boit de la bière :

"Je devais me natchave de cette soirée. J'avais mon compte, la picole, le bédo, décidément je ne savais pas m'arrêter. C'est au contact de l'humidité que je repris mes esprits, mon souffle, bref, que je trouvai une façon d'arrêter de me ridiculiser aux yeux de tout le monde. Cette fraîcheur me traversa comme du courant électrique et me donna une soudaine envie de baiser.

En plissant les yeux, je crus apercevoir un gadjo. C'était Armand, le cocu du village, à qui sa régulière lui en avait fait baver. Sous mes airs de crasseuse, je conservais toujours de mon enfance un côté sainte nitouche qui rendait ma timidité improbable. Mais ce soir là je n'étais pas en état de réfléchir. Il allait me bouillave, j'en étais certaine.  

L'herbe sût atténuer le bruit de mes pas de saoularde. Je le découvris, presque nu, allongé de tout son corps dans la rosée. Il puait le sexe à plein nez.

« toi aussi t'es cuit ? »

Il ne broncha pas

« on est seuls »

Je posai mes fesses par terre pour rendre l'atmosphère plus complice. Il lâcha un gémissement, comme pour signaler l'inanité d'une conversation.

J'étais en pleine descente et l'alcool narguait mes boyaux. Pourtant, je sentais qu'il était temps de profiter de la situation.

Je glissai ma main dans son pantalon à la recherche d'un partenaire particulier. Ma dextérité ne manqua pas de le remettre d'aplomb et il m'empoigna aussitôt. La galoche qu'il me roula fût d'une rare intensité. C'était bien la marque d'un frustré de première et je compris aussitôt que j'allais en prendre pour mon grade.

Ni une ni deux il se retourna, me plaqua au sol et commença à me défroquer. Sa lubricité semblait ne pas avoir de limites. Dans ses yeux je pouvais lire l'histoire de son couple. Il était prêt à déverser sa rage à travers mon sexe, et je commençai à m'abandonner à cet instant, sous la cadence de ses coups de rein. Je voulais cette jouissance infinie, mais l'homme est un homme et il plia bagages avant même que je ne repris mes esprits."

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isa 09/08/2006 21:55

je note vos remarques...Sachez tout de même que le premier texte, pas assez "cul" selon certains, est une sorte de blague au départ. Je m'explique. je le présente comme un texte érotique, alors qu'il n'est en effet qu'un texte disons....de rencontre (je ne sais pas comment dire mieux). Il s'agissait d'un déi : écrire une scène torride, que j'ai pris à contrepied en essayant de faire un texte sensible (certains diront "mièvre", et je ne leur en veux pas...trop). Ceci étant, je peux écrire un texte plus directement "cul" (un peu comme le second, qui n'était destiné qu'à bob, car très imparfait..) J'ai en réserve une scène de sexe attirance-répulsion que j'aime bien, que j'ai utilisée une fois en fansant croire que cela c'était réellement passé, et c'était très drôle, les réactions...voilà, sur ce, je vous embrasse...

nanou 08/08/2006 23:38

AAAAAhhhhh, ce romantisme latent maladroitement dissimulé sous un voile de pudeur, cette sensibilité exacerbée qui se dégage malgré elle du ton employé, cette timidité surhumaine qu'on voit au premier coup d'oeil, ce raffinement du fond et de la forme qui tente de se protéger derrière un masque de métaphores insolentes.. Aucun doute, ma version préférée, c'est la troisième...
:)

Keith Lajew 07/08/2006 11:46

Chuis trop déçu ... le troisième texte, pourtant le dernier sorti, est celui que j'aime le moins ....

dud 07/08/2006 10:55

"Il allait me bouillave, j'en étais certaine.   "
Terrific ! ça c'est de la psychologoie féminine! un mix des deux derniers textes serait le  compromis idéal, un zeste de B E Ellis en plus m'aurait comblé, mais le concept est top, bien joué les mecs !
dud's a (rude) boy

La Féline 06/08/2006 23:53

Le premier texte est très bien écrit, mais les images sont trop nombreuses, et la description domine le texte... le ressenti est bien traduit, mais le manque de sexe se fait cruellement sentir... ça aurait été sympa de parler de sexe en ressentis, au lieu d'une pudique ellipse...Le deuxième texte est plus piquant, on y trouve davantage son compte en termes de fantasme,  mais il manque de saveur littéraire...Il aurait fallu un mélange entre les deux.Quant au troisième texte... euh... comment dire... Un peu scénario de film porno... pourquoi ne pas avoir développé davantage et poussé jusqu'au bout l'excitation?

Bobzeflash 08/08/2006 11:51

ou comment une étudiante littéraire tacle une prof de français...:p