La vie en tongs (suite et fin)

Publié le par Bobzeflash

Comme nous nous suivions en enfilade jusqu'à la voiture-bar, nous ne nous parlions pas et je pouvais donc empiler les pensées les plus déraisonnables. Déjà, je la regardait onduler : elle ondulait bien. Et forcément, je me demandais pourquoi elle s'intéressait à moi alors qu'il m'aurait été compliqué de faire pire. L'espace d'une seconde, je me dis que c'était une lectrice de mon blog et qu'elle voulait juste me connaître, puis je me rappelle que je ne suis pas Frantico et que c'est juste un petit peu improbable. Je me dis aussi que c'est peut-être une journaliste, car ça m'était arrivé au cours d'une mini-croisière en Turquie : un type bizarre qui prenait des photos de tout, tout le temps, et en rentrant, dans le numéro de "BON VOYAGE" du mois de juin, on découvre un reportage sur notre voyage.

Ce que je craignais n'est pas arrivé : c'est-à-dire que la conversation était fluide, on a parlé principalement de musique, mais aussi de trucs-bidules et de machins-choses, avec naturel et insouciance, et même, tour de force insoupçonné, nous nous sommes permis, à l'occasion, quelques blancs, sans que ce soit embarrassant pour personne (enfin, me semble-t-il), ce qui est quand même le signe d'une grande décontraction, et ceci étant dit, je vous promets que je vais pas tarder à mettre un point, parce que quand même, quand je regarde plus haut, je réalise avec stupéfaction que je n'en ai pas mis un seul depuis le début du paragraphe et je pense qu'il faut savoir être raisonnable à un moment.

En même temps, je n'ai pas été concentré tout le temps. Il m'est arrivé de laisser courir mon regard sur une chose ou une autre, 

 

 

 



 


 


voire mon imagination



mais sans préjudice sur notre bonne entente naissante car je n'ai pas été pris en flagrant délit (ou en tout cas elle a fait comme si...)

Je lui demandais combien de temps elle partait en vacances. Elle me précisa qu'elle venait de prendre 15 jours de vacances dans le sud, et rentrait à Epinal. J'ai dû faire quelque chose comme "ah !..." et puis elle a enchaîné avec un petit sourire en précisant qu'en fait elle rendait visite à ses parents pour deux semaines et rentrait ensuite à Paris. Elle m'avait donc fait une petite blague et j'ai compris à ce moment qu'on était rentrés dans un processus de séduction.

A mesure qu'on s'approchait de Nancy (où elle resterait dans le train et moi non), je me demandais comment nous allions régler la séparation. Certes je lui trouvais moult qualités (pas trop mal, et assez intéressante), mais pas l'étincelle qui fait que tu sens que c'est bon ou que ça pourrait le devenir. Or (me semble-t-il), elle présentait un profil classique d'une célibataire souhaitant s'engager et là, immédiatement, tout ce que j'étais en mesure de lui proposer aurait été une étreinte certes vigoureuse mais dénuée d'engagement (ah ! les femmes et leur peur de ne pas s'engager !!!). Evidemment, si nous nous étions retrouvés soudainement 100.000 ans en arrière, je l'aurais depuis longtemps coincée dans un coin et je l'aurais fait mienne, et tout le monde aurait été content. Seulement, avec les jeunes femmes d'aujourd'hui, A PAS POSSIBLE. Pourtant, elles lisent Biba, et dans Biba on leur explique qu'il faut prendre régulièrement un amant, c'est bon pour le teint, mais non, elles n'en font qu'à leur tête et ne songent qu'à égoïstement s'engager, sans prendre en considération le désir masculin. C'est ignoble, mais bon, elles sont comme ça.

Bref, je me disais qu'il serait certainement plus spectaculaire de ne rien lui demander en la remerciant pour cet agréable moment, bref d'être honnête (sauf que souvent être honnête signifie être rustre). En plus, demander son numéro avait quelque chose de veule dans son automatisme, alors que ne rien demander conférait à notre discussion un caractère désintéressé et d'autant plus appréciable.

Au moment où les freins crissaient, elle me dit :

" le mieux est de se dire au-revoir ici, puisque si tu dois aller chercher ton sac tu n'as plus trop de temps à perdre...

- oui, euh... j'aimerais bien que tu me laisses ton numéro"

Je me pose trop de questions aussi. Je l'appellerai et on verra bien.

Publié dans La vie des bêtes

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Blanche 23/07/2006 22:36

Fin... fin... moi j'aimerais bien savoir la suite. Je reviens de vacances, il s'est passé des choses palpitantes sur ton blog. Et alors ? Tu l'as appelée ??

Bobzeflash 24/07/2006 23:03

ben... j'attends qu'elle rentre de ses vacances, et puis on verra bien... (pas de résolution pour le moment, mais je te tiens au courant !)

ankou-net 17/07/2006 21:51

L'avantage de la vie en tongs, c'est qu'au moins ça te fait des économies de chaussettes... à part ça je vois pas...

Bobzeflash 17/07/2006 22:48

Non mais ça va pas ? bien sûr que non ! je mets des chaussettes systématiquement, c'est le moment où jamais de les montrer !

Badibuh 17/07/2006 15:55

Mais genre y a une explication rationelle au fait que ce genre de trucs ne m'arrive jamais, ou c'est encore la faute du terrain qui est trop sec et de la chaleur étouffante?

Bobzeflash 17/07/2006 22:47

Badibuh, pas de panique. Il suffit de pratiquer la pensée narcissique auto-réalisante. Si par exemple une fille éternue, tu te dis qu'elle cherche à te draguer, c'est évident. Et à force de te persuader que tout événement est un signe érotique qui t'es destiné, tu peux créer tout seul la situation qui était neutre au départ mais devient lourde de moiteur et de sous-entendus par le seul effet de ta conviction communicative. Et le tour est joué.

B. 17/07/2006 13:52

tiens moi c'est pas comme ça que je le demande le  numéro. Mais bon, tu l'as eu c'est tant mieux. J'ai failli croire que t'allais la laisser partir celle la....allez là!!!!!!!!!!(et l'appelle pas tout de suite nom de d'la!)

Bobzeflash 17/07/2006 22:45

et pourtant j'avais ni wingman, ni kamikaze... ben non je vais pas l'appeler, après elle pourrait croire que je veux la revoir ! je vais tranquillement laisser passer l'été, voir l'automne pour être plus sûr, et j'attaque à Noël... Non je ne sais pas, on verra au retour d'Allemagne (peut-être que je ne rentrerais jamais d'Allemagne, que je découvrirais l'amour là-bas et que j'irais m'établir dans une grotte)

Patrick Chirac 17/07/2006 12:16

 Non mais je m'insurge! tu as piqué non seulement mon look pour voyager et draguer mais surtout le concept des tongs. N'es tu pas informé du succès inattendu dans les charts de ma "marche des tongs"? Je comprends que mon expérience réussie auprès de la gente féminine t'inspire mais tout de même! Je te propose qu'on se retrouve devant un bon pastaga pour causer buisness: je veux bien te servir de coach mais contre rémunération. Non mais! N'oublies pas ma célèbre filiation! Rv cet été a Arcachon au camping des flots bleus ok? Tu verras Bob sur la piste de danse on va déchirer! ciao ciao amigo!