Mon week-end zouk

Publié le par Bobzeflash

Samedi matin, en me réveillant, je découvre un homme dans mon lit : eh non, je n'étais pas si bourré que ça la veille, c'est juste mon pote Xavier venu à Paris pour la soirée et qui a passé la nuit chez moi. Il n'a pas si souvent l'occasion de sortir, l'ami Xavier, et lorsque l'occasion se présente, généralement, il se lâche. En l'occurrence je le soupçonne de n'avoir pas lésiné sur les caïpirhinas et la manzanita. Total, je finis par le tirer de son sommeil à midi vu qu'on avait un train à prendre et comme pratiquement sa première phrase est "t'aurais pas du doliprane 1000 ?" je me dis que c'est pas gagné. 12 h 57 : nous voilà partis pour la riante campagne bourguignonne, Xavier blanc comme un cachet d'aspririne justement, et moi-même qui tente un petit debrief de la soirée d'hier :

"dis-donc avec Mirabelle, là, il était pas un peu serré votre zouk ?

- ah... 1 cm de plus c'était la pénétration !..."

(extrait de conversation qui va avoir son importance pour la suite puisque ça va donner le ton de la journée)

Conversation qui va rapidement tourner court puisque Xavier s'endort et moi-même m'applique à ne pas rater notre arrêt dans ce train omnibus qui s'obstine à ne desservir que des bourgages ayant le même nom à deux lettres près. Finalement, nous voilà en gare de Broutchemolle-la-Galinette où nous attend Madame la belle-mère de Xavier, nonchalemment alanguie contre une porte en bois suitant la... euh non pardon je m'égare... En fait, Madame la belle-mère est une personne fort courtoise, mais d'un rigorisme moral plutôt expressif : on n'évite donc pas le coup d'oeil réprobateur devant la mine assez peu fraîche de son beau-fils... D'autant qu'arrivé à la ferme, l'ami Xavier monte directement se coucher et on ne le reverra plus avant la fin de l'après-midi.

Ambiance : environ 12 à table, toute la belge belle-famille de Xavier, et moi, le copain célibataire qui emmène festoyer un respectable père de famille de deux enfants en bas-âge et le ramène dans un état déplorable... Là-dessus, Madame Mère, histoire de lancer la conversation, me demande (on se serait cru dans un roman du dix-neuvième siècle se situant en province) : "Alors, que danse-t-on en ce moment à Paris ?" Moi qui n'était pas frais non plus (sans aucune raison je m'étais levé très tôt, j'avais donc dormi 4 heures), j'ai manqué de présence d'esprit, j'avoue, sur ce coup-là, et j'ai balancé le premier truc qui m'est venu : "ah hier on a bien dansé le zouk..." Là, je réalise assez vite que ce n'était PAS LA BONNE REPONSE. Ma copine Astrid, compagne dudit Xavier, toujours attentive aux faits et gestes de son cher et tendre, me fond dessus comme l'aigle sur la souris (quasi) innocente : "du zouk ? il a dansé du zouk avec qui ? je la connais ? combien de temps ? combien de fois ?"

Là je me rappelle ma propre devise de : "inutile de ramer une fois que c'est fait" donc je m'évertue à répondre le plus sobrement possible en priant qu'une bonne âme change nous trouve un nouveau sujet salvateur. Je promets quand même à Astrid que la prochaine fois, c'est elle que j'emmènerai à la Chapelle des Lombards, zouker avec de grands Noirs musclés et collants (ça je le précise pour les lecteurs ne connaissant pas la Chapelle, je ne l'ai pas mentionné à table). Bref, le repas se termine et je me plonge dans les travaux de cuisine toute l'après-midi pour expier ma faute.

Soirée agréable parce que beaucoup d'amis étaient là. En vrac :

- j'ai fait exprès de perdre au ping-pong contre la charmante Elisabeth, nancéenne de son état, tiens ça tombe bien j'y suis mercredi... En attendant je l'aurais bien déchirée sur place !

- moment d'une certaine manière chargé en émotion lorsque Madame mère, assez naturellement insérée dans des logiques et des schémas familiaux classiques, accueille Julie : "bonjour, comment allez-vous (gnagnagna). Vous ne deviez pas être accompagnée de votre bébé ? - ah non ce n'est pas moi qui l'ai ce soir - ah c'est le papa ! - non, c'est la deuxième maman... Tu l'as sentais forcément un peu déstabilisée, mais en même temps pleine d'une volonté de compréhension touchante.

- Ameline. Ameline que je dois poursuivre pour obtenir une conversation et qui ne me dit pas la vérité quand je lui demande comment elle va, et s'efforce de me tenir des propos anodins, assez éloignés des mots incandescents et fulgurants que nous devrions nous échanger. Ameline, ce n'est pas ainsi que l'on va établir la relation "dénuée d'ambiguïté" que tu réclames sans en permettre l'établissement des conditions. Elle me parle des difficultés qu'une occidentale blonde aux yeux bleus rencontre lorsqu'elle marche dans la rue à Istanbul, elle me dit qu'elle ne peut pas se permettre de se mettre en jupe sous peine de se faire harceler, alors je lui précise que je rencontre moi-même les mêmes difficultés dans le RER, et qu'aujourd'hui pour être tranquille je suis obligé de mettre des tongs.

- je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans chaque soirée il y a toujours un moment où les filles se retrouvent d'un côté et les garçons de l'autre. Par exemple j'ai longtemps cru que les filles se retrouvaient au début des soirées dans la cuisine parce qu'elles étaient sympas et se proposaient de tout préparer ; eh bien pas du tout ! elles se retrouvent dans la cuisine pour faire le point (activité complètement indispensable, à répéter le plus souvent possible) et parler de nous !! Bref bon petit moment avec Manu et Xavier-ressuscité où on parle de... filles et aussi un peu de notre projet de court-métrage.

Et me voilà chez moi, à Paris, à 2 heures de recevoir quelques amis pour regarder "Question Maison" sur France 5, face à un pénible constat : je dois ranger tout mon appart (ce qui pourrait constituer le treizième travail d'Hercule), je dois confectionner une quiche (oui car fort des conseils avisés d'Ange, Cassandre,... je crois que plus rien ne peut m'empêcher d'atteindre la Quiche Parfaite), c'est tout simplement : pas possible. Donc un petit moment de flottement et là mon portable sonne pour le deus ex machina : Ludivine s'est cassé la jambe !!! c'est pas génial ??? du coup, comme elle ne se sent pas trop de gravir mes six étages à pieds, la soirée est transférée chez elle ! et du coup je peux glander devant le net tout en regardant Federer-Nadal !!!! c'est top non ??

 

Publié dans séquences pump it up

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Zabatchka 10/07/2006 22:42

Je persiste et signe: Bob tu es un mec hyper touchant, je suis toute attendrie moi ;-)
Ciao
 

Bobzeflash 11/07/2006 00:52

voilà bien un com touchant ! merci Zabatchka !!

Badibuh 10/07/2006 21:03

Mais au final elle danse bien la quiche?

Bobzeflash 11/07/2006 00:52

voilà la vraie question ! mais la quiche, on lui a réglé son sort bien avant qu'on se mette à danser...

dragibus 10/07/2006 19:37

je dois dire ,que tu fais partie de ces gens qui à partir de situations banales arrivent à créer un canevas marrant qu\\\'on a envie de lire en entieret finalement à Paris on danse quoi ces jours ??

Bobzeflash 11/07/2006 00:50

Merci Dragibus ! A Paris moi je vais arrêter le zouk et je vais revenir à la techno jungle c'est plus sûr...

Maylis 10/07/2006 12:43

> ah... 1 cm de plus c'était la pénétration : tiens j'savais pas que la Chapelle  faisait aussi office de lupanar ;-) Va falloir que je me rencarde lol en même temps côté zouk la concurrence y est rude pour des ptits toubabs comme vous
> Madame la belle-mère est une personne fort courtoise, mais d'un rigorisme moral plutôt expressif : on n'évite donc pas le coup d'oeil réprobateur devant la mine assez peu fraîche de son beau-fils: dis c'est pas une cousine à ta nouvelle petite amie Maïté la belle-doche?
 > Ma copine Astrid, compagne dudit Xavier, toujours attentive aux faits et gestes de son cher et tendre, me fond dessus comme l'aigle sur la souris (quasi) innocente : "du zouk ? il a dansé du zouk avec qui ? je la connais ? combien de temps ? combien de fois ?": j'adore quand tu fais des gaffes Bob ta maladresse est  assez touchante
> eh bien pas du tout ! elles se retrouvent dans la cuisine pour faire le point (activité complètement indispensable, à répéter le plus souvent possible): vla une nouvelle règle sociologique on dirait ;-) et oui! le débrief post soirée est un incontournable des rituels féminins. Et mieux vaut pas que vous laissiez trainer une oreille indiscrète vous pourriez être très surpris, voir même hyper fâchés ;-)

Bobzeflash 10/07/2006 18:11

Attention ! nous n'étions pas à la Chapelle, mais dans une soirée privée (car c'était la soirée de vendredi  pour laquelle j'ai fait une quiche, et je n'amène pas de quiche en boîte, mais bon attention après chacun fait comme il veut ;-)
Fais attention quand tu parles de Maïté, on voit que tu la connais pas, Maïté est une personne d'une grande sensibilité, bon faut avoir un peu vécu avec elle c'est tout...
Et pour la cuisine, elles ont aussi l'option téléphone le  lendemain (2-3 heures selon disponibilités) où là malheureusement on n'a aucun moyen de glisser une oreille...

ankou-net 10/07/2006 01:01

c'est pas fini cette histoire avec Ameline ? tu la plaques dans une botte de foin une bonne fois pour toutes, tu verras si elle se remettra pas en jupe pour toi après...