ouverture de l'appel d'offres

Publié le par Bobzeflash

Je voudrais vous parler de mon dîner d'hier soir, où j'ai peut-être rencontré la championne du monde des connasses (et pourtant y a du challenging, me diras-tu*). Mais il y a plus urgent.

Hier midi, je descends de mon pas chaloupé à la cantina où j'avais rendez-vous avec Eric. Et là, devant la porte vitrée, m'attendaient non seulement Eric mais aussi Caroline ! C'est toujours une bonne surprise de voir Caroline car je la vois peu et c'est toujours agréable de partager un moment avec elle.

Caroline a 31 ans, elle est mariée, elle a une petite fille. On s'est connu avant le boulot, ça doit faire 10 ans maintenant. Elle est très sympathique, mais un peu coincée, (trop) facilement effarouchable par moments. Ami lecteur, je te sais pressé d'aborder le vif du sujet, mais ne néglige pas ces informations qui sont utiles à la compréhension du phénomène que j'entends aborder ici...

Eric et moi sombrons assez rapidement dans une  provocation de bas-étage. C'est toujours l'occasion de ne pas parler boulot. Eric nous parle de ses soirées "ventes aux esclaves" et là j'avoue avoir du mal à surrenchérir. Nous allons déposer nos plateaux et Eric nous abandonne puisqu'il doit faire un saut à la feneuqueu. Je propose (classiquement) à Caroline un café, et, comme nous nous dirigeassions vers la cafétaria, elle me fit : "mais tu sais, j'ai pas mal évolué sur la question de la fidélité" là j'oublie de respirer en me demandant si c'est bien Caroline, ma pote Caroline à moi mère de famille, qui vient de me sortir ça... Aussi étonnant que ça puisse paraître, je bondis sur le sujet et j'en fais même le thème principal de notre conversation autour du café. Là où elle me scotche encore plus, si besoin était, c'est quand elle m'annonce qu'elle en a parlé à son mari et que lui "n'est pas trop d'accord"... (bien une réaction de gonzesse ça tiens, au lieu de faire son truc en catimini ni vu ni connu). Un peu plus tard, elle me glisse : "aujourd'hui, je suis prête à examiner toute candidature"...

Mises ainsi en exergue, ces phrases pourraient passer pour un furieux appel du pied. Bien que mon radar à filles soit en perpétuel dérangement, je ne pense pas : je pense que je suis dans l'affaire le vieux pote confident, intégré depuis longtemps dans ce que Chandler ou Joey appelaient : la "friend zone". Toutefois, animé par une sorte de doute perturbateur, j'appelle dès mon retour au bureau Chiara, qui fait partie de mon staff de coach-confidentes (elles sont quatre en tout, et à chaque consultation me rendent des avis complètement pertinents et opposés). Chiara me dit qu'effectivement, puisque Caroline et moi nous connaissons depuis longtemps, peut-être a-t-elle souhaité se confier, voire se soulager, simplement. N'empêche, c'est fou comme il suffit de peu pour que soudain l'atmosphère "s'épaississe", que les autres tables autour de nous disparaissent et que la tension se mette à monter, avec d'éventuelles implications physiques au niveau du ventre et du coeur, moi qui ne l'ai jamais envisagée comme une créature sexuellement appréhendable (il faut dire que la gourgandine est pas mal). C'est là que tu te surprends soudain à loucher sur ses deux gros seins lourds et laiteux, hummm, comme ça doit être bon, tiens Mnemo t'es là toi ça va  ?

[moi aussi je peux faire du blogomat ! certes je ne dispose pas de photos de Caroline mais j'ai au moins tout aussi bien grâce à l'aimable participation de Friandise...]

Cet épisode de Caroline me renvoie à d'autres épisodes glanés par ailleurs (car si les filles de mon staff sont mes confidentes, je suis également le leur, et ça c'est mieux que Biba en termes d'infos essentielles sur le monde mystérieux de l'autre sexe). Et là, comme ça, vu qu'il est 23 h 36 et que je sirote ma bouteille de rosé, j'ai l'intention de fixer UNE REGLE SOCIOLOGIQUE (une règle sociologique reflète une tendance générale. Ce n'est pas une théorie scientifique qui se vérifie systématiquement. Alors c'est pas la peine de venir la ramener en me disant  ah oui tout ça c'est bien joli mais moi ma belle-soeur gnagnagna. Ta belle soeur rien du tout).

Constat : à la louche, je dois avoir à peu près 6 amies/copines dans la même situation : autour de la trentaine, en couple depuis 6 ou 7 ans. Sur ces six, quatre ont trompé leur mec (généralement au cours d'une brève aventure et n'ont pas réédité l'épisode), une cinquième se pose des questions, la sixième se contente de jeu de regards et parfois de paroles (ou alors je sais pas tout). Et voilà Caroline, la sacro-sainte Caroline, 31 ans mère de famille, qui s'y met.

Tentative d'explication : je crois à l'usure statistique du désir. Encore une fois, c'est pas la peine de venir faire vos crâneurs en m'expliquant que depuis 15 ans vous niquez comme des lapins avec la même personne, je pense qu'on peut établir le postulat que généralement, au bout de 6/7 ans, l'usure est là. Et ce moment, me semble-t-il, coïncide avec un double avènement chez la femme : d'abord, c'est souvent l'apothéose de sa sexualité, la période où elle s'est pleinement découverte et donc entend bénéficier et faire bénéficier de ses découvertes ; ensuite, (c'est lié) c'est aussi le moment où elle commence souvent à s'accepter physiquement (belle pas belle peu importe), elle parvient à ordonner ce rapport si complexe de la femme avec son corps, bref le moment où elle commence à s'assumer. Ce moment est donc celui où son mec ne la regarde plus, voire ne la désire plus, alors même qu'elle souhaite exister enfin pleinement. Vous réunissez tous ces ingrédients : et ça vous donne ce beau bordel décrit plus haut.

Pour terminer sur une note pratique à l'intention des garçons [les filles vous ne lisez plus à partir de là, merci] : il est  pour moi aujourd'hui incontestable qu'une fille en couple depuis longtemps [pardon tu fais quoi là??? j'ai dis pas les filles !!!] est bien plus accessible (pour un peu j'aurais dit "péchoable") qu'une fille célibataire, puisqu'il y a moins d'enjeu et qu'il est tout simplement plus facile de leur apporter ce qu'elles souhaitent : de l'attention, du désir, des jeux de regards (ah les jeux de regards !), la boule dans le ventre et l'émoi des premières fois. Pas d'engagement, leur mec est là pour ça, juste qu'elle se sente femme entre vos bras quelques heures. Par contre il faut éviter de laisser place aux sentiments forts, parce que là c'est vraiment le bordel...

[faudra quand même que je pense à l'inviter la semaine prochaine, comme ça, histoire d'échanger des idées]

[* là je me dis : dois-je vraiment préciser que mon propos n'est pas misogyne, qu'il y a autant de connards chez les mecs, etc. ? mais non c'est pas la peine, les féministes sont pas des connasses quand même, ça se saurait, elles le savent bien tout ça]

Publié dans La vie des bêtes

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B. 03/07/2006 19:24

je l'aurais pas mieux dit. c'est sociologiquement parlant incontestable. Et comme ce décallage intervient comme un rattrapage d'une époque non profitée chez les femmes, nous voilà - nous les mâles - avec quelques pions d'avance. Cette phase dont nous savons jouir depuis les années post-acnéîques et qui ont scellé notre réputation...

Bobzeflash 04/07/2006 00:39

Tout à fait. Je n'aurais pas mieux commenté.

Ange. 01/07/2006 19:35

La règle de sociologie intervient même beaucoup plus tôt dans la relation, et s'intensifie avec le temps.  A partir du moment où nous ne sommes plus "libres", que nous "devons" fidélité à quelqu'un, et ce, peu importe les sentiments que l'on éprouve pour la personne, l'attrait d'un(e) autre se fait plus fort. C'est automatique et incontestable : l'interdit est toujours plus attrayant. Après, il y a soit le contrôle de nos pulsions seksuelles, soit la découverte de nouvelles pratiques, ou soit l'adultère. A chacun de choisir, les deux derniers étant quand même moins frustrants hein.
..::"~'Ǻñ§Ξ'~"::..

Blanche 01/07/2006 16:31

Tu va voir ce qu'elle te dit la vieille dame. Mnemo, jeune présomptueux !  ;-)

Mnemo 01/07/2006 02:15

Tout pareil que nono. :-)
Et Blanche pour etayez mes propos, je voudrais te citer ces quelques mots recueillies sur le blog d'une charmante "vieille Dame" : "En attendant, je profite de toute cette nouveauté, et je vous assure que le prochain homme qui vivra avec moi n’ira pas voir ailleurs, j’ai toutes les clefs en main !"
:p
Il va de soit que dans mon cas, il faut remplacer le mot homme par femme.

nono 30/06/2006 19:27

Je réponds à la place de mnemo. Il ne m'en voudra pas j'espère. D't'façon, je ne pense pas me tromper beaucoup en disant que "oui, oui, ça reste intéressant!"
Me trompe-je?