record du monde du post le plus long

Publié le par Bobzeflash

"Blanche a dit...

Explique moi, Bobzeflash, pourquoi tu es interdit de séjour à Istanbul et je t'expliquerai pourquoi je parle turc !!"

Il y a deux ans, autour du 15 août, je me suis rendu à la fête d'un couple d'amis. C'était une grande fête familiale avec grande table dressée à l'extérieur, les amis, les grands-parents, les cousins, les cochons et les vaches pas loin. C'était à midi, sous un grand préau, il faisait à la fois chaud et frais, bref il faisait bon. Comme j'arrivais, je me mets à faire le tour des gens pour saluer ceux que je connaissais et éventuellement ce que je ne connaissais pas. C'est là que je la vis, car il eût été impossible de ne pas la voir, et, pour tout dire, de ne pas la remarquer. Une créature de l'outre-espace, fraîche, délicate et dégageant cependant une force rayonnante, une sylphide ferme et grâcieuse, visiblement nullipare, alliant avec une assurance désarmante prestance et naturel. Je me suis demandé pourquoi tous les gens n'avaient pas pris des chaises pour s'asseoir en rond autour d'elle pour la contempler.

Bref.

Je poursuis mon tour de salutations et j'arrive à Gabriel, mon skrounoune ptit filliote que je voyais pour la première fois ma qué lé tro bo (car mes amis, indexant mon goût pour les shtroumpfs à mon salaire annuel après impôts, m'avaient demandé d'être parrain, tu m'étonnes que je la donne pas à mes potes l'adresse de mon blog).

Comme c'était un buffet, il se trouve que le hasard (franchement, là, maintenant avec le recul et tout : c'était le hasard. Ou alors l'effet d'un calcul de la gourgandine ?? mon dieu j'y pense d'un coup ? car elles sont fortes quand elles s'y mettent) bref le hasard-jusqu'à-preuve-du-contraire fait qu'on se retrouve à faire la queue ensemble. Je lui dit : "bonjour". Elle me répond dans les mêmes termes, ce qui me délivre immédiatement deux informations : 1/ elle est dotée de la parole 2/ elle a le sens de la répartie.

 

Puis je lui balance une petite vanne, comme ça, pour voir, et là, tenez-vous bien, elle rit ! immédiatement, je la crédite de 100 points bonus vu que pour moi, la qualité n°1 chez une fille est de rire à mes blagues. Ensuite on discute un peu et tout s'enchaîne, les regards, les sourires, les gestes, les paroles, tout est parfait, comme dans les films, ou comme dans la vie quand tu n'es pas libre. Parce que bien sûr je n'étais pas libre. Je vais me rasseoir. Là je n'y pense plus. Je mange, je discute, et puis j'y repense. Et je me dis : "putain (quand je me parle, parfois, je me lâche) donc : putain, déconne pas, t'y penses plus, ça va rester un moment délicieux, un moment qui va te porter toute la semaine et que tu te remémoreras plus tard comme un des quelques moments parfaits de ton existence, de ceux qui te transmutent dans une sphère ouatée sans que tu n'aies rien demandé, si tu peux encore contrôler les choses c'est maintenant alors pense à Nicola et contrôle". Je finis le repas, on prend le café, ça s'éternise, c'est bon, et puis là, Astrid vient me chercher. Parce qu'il faut parler un peu du baptême et tout ça. Vous voyez le truc venir ? parce que moi je l'ai pas du tout vu venir.

"Alors voilà, je te présente Ameline, la marraine..." ça signifiait une chose et une seule : nous devions rester en contact pour choisir le cadeau du filliou et nous allions nous revoir. Je me dis qu'il fallait que je pense à demander à Astrid si elle avait fait exprès de ne jamais nous présenter avant, et puis j'ai toujours oublié de le faire. Donc nous sommes allés déjeuner à Paris quelques jours après, on se comprend sur tout, on se capte sur tout : il paraît que les plus belles histoires sont celles qui ne sont pas consommées parce que le sexe, c'est sale. Ce sera donc une belle histoire. On ne se voit pas si souvent, parce qu'on a pas énormément d'occasion, et lorsque nous en avons, nous nous évitons. Un week-end, on se retrouve dans un chalet à plusieurs. En rentrant de ce week-end, Nicola me fait, très naturellement, presque sur le ton de la plaisanterie : "quand ce sera fini, je te verrai bien avec Ameline". Vu le silence qui a suivi je pense qu'elle a réalisé qu'elle faisait une gaffe en m'embarrassant.

Et puis Ameline part en Turquie. Elle rencontre Amat en janvier, Nicola et moi nous séparons en février. Ameline est amoureuse. Moi je n'ai personne dans ma vie, je ne veux personne, je veux me remettre de Nicola et pour faire les choses proprement je sais qu'il me faudra un peu de temps. Ca n'empêche pas de se donner des nouvelles : de un à dix mails par jour pendant un an et demi.

Ameline revient pour trois mois à Paris en décembre. Ameline est toujours amoureuse, mais certains indices peuvent indiquer une tension. Quand elle l'appelle, pour lui dire combien il lui manque, elle le sent distant, elle se rend bien compte combien qu'il n'est pas dépendant de son retour et qu'il entend souffler pendant son absence. Elle est ébranlée, forcément, la petite Ameline. Je l'invite à une soirée où je lui présente ma copine du moment : la douce Ameline se montre extrêmement agressive avec elle. Je ne l'ai jamais vu comme ça. Je me pensais costaud, je mesurais les sentiments naissants pour cette fille, Ameline débarque, elle casse tout, elle fracasse tout. J'ai besoin de souffler, je décide de ne plus la voir. Elle m'appelle le lendemain en me proposant un verre. Bien sûr je dis oui. Je n'ai pas réfléchi une seconde.

On boit cinq demis chacun, elle rate son métro, je lui propose de venir dormir chez moi, on est complètement déchirés, on dort dans mon lit, il ne se passe rien. Le lendemain, nous prenons un petit déjeuner silencieux, pas tendu, jamais avec elle, mais un moment où il fallait laisser les choses s'amortir, parce qu'on ne comprenait pas trop ce qui se passait. Je me souviens d'un mail d'Ameline du mois d'août qui fustigeait "tous ces petits connards" qui avaient trompés ses copines. On s'est revu deux jours plus tard, on a passé la soirée à nouveau ensemble, elle a "raté" son métro. Faut quand même pas trop m'en demander... et pourtant, "techniquement", on est pas allé au bout (Michel Rocard aurait dit : "il n'y a pas eu tromperie"). Le lendemain, je vais travailler ; elle se réveille, elle va faire ses courses au G20, et là elle éclate en sanglots, elle appelle Amat qui ne comprend rien sinon qu'elle a fait un truc pas clair.

Le lendemain, elle décolle pour la Turquie, entretemps elle peaufine sa version, finalement il s'avère qu'elle est allée prendre un verre avec un ami, qu'il avait un peu bu, qu'il a essayé de l'embrasser. Il lui demande mon nom. Là elle commet une erreur qu'elle regrette encore aujourd'hui : elle lui donne mon prénom. Lui enchaîne avec mon nom (sans doute un colis que je lui avais envoyé). Elle revient à Paris. J'ai mis fin à mon histoire puisqu'elle n'avait plus de sens. On se revoit [...]. Elle devait rentrer fin mars, elle décide de rentrer mi-janvier, je ne l'ai plus revue depuis. Et oui, je l'ai sautée en long et en large et c'était bien bon...

Pourtant Lola, ma chère Lola, sa meilleure amie, l'avait bien mise en garde contre ce genre de mauvais réflexe : tu penses être honnête et tu ne fais que te soulager en transférant le poids sur l'autre, un poids de culpabilité qui se transforme en poids de jalousie. J'ai beau avoir créé une boîte mail au nom de "Roger Couderc", il va m'être compliqué d'aller la voir en Turquie. D'autant qu'Amat n'est pas du genre à rigoler avec ce genre de questions. Comme il monte toujours des affaires sans qu'Ameline ne sache exactement ce qu'il en est, on plaisantait sur ses liens avec la mafia turque. Je me suis demandé un moment si la meilleure solution n'était pas de me constituer prisonnier à l'ambassade de Turquie à Paris, en demandant à bénéficier d'une procédure de clémence, mais j'ai vu comment ça se passait dans Midnight Express et j'ai pas confiance. Ameline m'a dit qu'elle regretterait, le jour de son mariage, que je ne sois pas là. Je l'ai mise à l'aise en lui disant que de toute façon je ne serais pas venu.

Certes tout n'est pas réglé. Mais c'est en bonne voie. D'ailleurs on aura un bon indice lundi soir, puisque Lola, Ameline, Emmanuel et moi devons nous voir. Je pense qu'on ira chez Prosper, puisque c'est là qu'on avait bu toutes ces bières. Histoire d'être bien sûr que tout cela est over.

 

Publié dans La vie des bêtes

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Blanche 30/06/2006 10:22

J'avais pas vu le "blanchounette" de Nono, on ne me l'avait pas encore faite celle là. Je suis morte de rire.

Blanche 30/06/2006 08:20

ok je te mail ?
bises

bobzeflash 29/06/2006 22:34

Blanche, ton histoire m'intéresse. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai fait cet article, que je ne pensais pas spécialement faire. Je te renvoie donc à la phrase qui inaugure le post... et j'attends de tes nouvelles ;-)
bises

nono 29/06/2006 22:24

Oui, moi. Après tout, c'est sur mon blog que tout cela a démarré (mais vu l'indigence des commentaires -je sens que je vais me faire engueuler demain-, je suis bien content que ça continue ailleurs). Mais il n'empêche : j'aimerais bien savoir blanchounette (je peux t'appeler blanchounette?)

Blanche 29/06/2006 22:07

Comment veux-tu que j'explique mon histoire après tout ce fatras de commentaires ! Est-ce que ça intéresse vraiment quelqu'un ??