Propos liminaire : ce qui va suivre n'a aucun intérêt (je ne sais pas si d'habitude ce qui figure ici possède un intérêt, mais là vraiment, pour celui-là, je ne vois pas). Aussi, je vous propose de faire comme d'habitude, c'est-à-dire de sauter tout le corps de l'article pour lire juste le dernier paragraphe et éventuellement, si vous le sentez comme ça, rebondir dessus.
J'ai tout simplement envie de parler de mes potes. Alors vu que ici c'est un peu mon blog, hein, bon, tu m'as compris.
Car mes potes sont ma seule richesse. C'est aussi ma fierté. Deux critères chez moi en amitié : d'abord le temps, l'épreuve à laquelle seules les vraies complicités résistent ; ensuite le fait de pouvoir les appeler sans rien avoir à leur dire et leur parler pendant 1 heure. L'amitié, c'est fort, et c'est facile : on ne prend que le meilleur des gens. Quand mon pote Michel débarque deux jours chez moi et met un bordel pas possible, c'est pas grave car il n'est là que deux jours, on ne vit pas ensemble et je n'ai donc pas à l'éduquer... : en amitié on profite du meilleur. Alors qu'en couple, tout est beaucoup plus compliqué, les enjeux sont plus élevés, on laisse passer moins de choses... On prend les meilleures sensations sans trop s'exposer, alors qu'en amour c'est la formule 1 mais sans permis de conduire : tout peut aller très vite, très loin mais on peut aussi prendre un mur à 300 kms/h (vu que personne au monde n'a le permis), ce qui fait très mal... alors qu'en amitié, bien sûr, on peut souffrir mais (en tout cas me semble-t-il) ça n'a rien de comparable à une déception amoureuse.
Sans ordre de priorité :
- Manu. ATTENTION NE PAS FAIRE LA MEME CHOSE CHEZ VOUS. Pour décrire Manu, je me souviens d'un truc en particulier : à la fin des vacances, on faisait Bandol-Paris en voiture. File du milieu, 130, Manu tenant le volant avec les genoux, les deux mains occupées à préparer une cigarette amusante, et parlant à sa mère grâce à un kit qui marchait mal, semble-t-il, alors Manu s'énerve, dit "attends Maman je vais régler un truc", baisse la vitre, balance le kit par la fenêtre (pas bien). En rentrant à Paris, là où on s'est vraiment foutu de sa gueule, c'est quand il en a racheté un. Voilà : un peu impulsif, un peu autiste, Manu est très très intelligent. Je ne sais pas si ça a un rapport direct, mais il est sans doute le plus perché aussi. Quand il s'y met il est très impressionnant. Il est drôle également.
- Mina. Au départ, comme souvent, une certaine incompréhension a fait qu'on a pas trop accroché. Et puis la vie faisant qu'on a été amené à se croiser souvent, nous avons découvert un canal de communication et nous nous sommes rapprochés. C'est d'ailleurs instructif puisque je pense que de tous mes amis c'est celle qui me ressemble le plus : si je me rencontrais dans la vie, je ne serais donc pas emballé à la première rencontre... Ayant dit ça je ne peux plus trop décrire ses qualités, je mettrai alors en avant une qualité propre à elle : tout simplement sa féminité (générosité, compréhension, douceur)...
- Chiara. A la base une collègue de bureau. Lorsqu'elle est rentrée à Bordeaux après sa première semaine, elle a dit à son mec : "je vais bosser avec un gros con", ce qui n'est pas une réaction extraordinaire, c'est même la réaction standard lorsque au départ j'essaie de faire rire une fille pour la mettre à l'aise. Ce n'est donc qu'avec le temps que nous avons sympathisé (même si nous avons très peu couché ensemble). Désormais, lorsqu'elle vient à Paris quelques jours, on se réserve toujours un moment à deux (tiens un bon petit cubain la dernière fois : la Calle 24 à Bastille) pour faire le point : sa vie, ma vie, son couple, mon célibat (elle m'a même fait remarquer que je disposais d'informations que ne possédait pas son mec, comme leur date de rencontre). Elle possède une finesse d'analyse extraordinaire. Par contre on a pas du tout les mêmes délires, on s'amuse pas avec les mêmes personnes. C'est je crois la seule qui connaît absolument tout de moi.
- Renaud : compagnon d'armes des années d'université, pas de gros délires avec lui mais les petites allusions ironiques qui font qu'on se capte à la seconde et qu'on se sent moins seul. Il est aussi très beau, paraît-il, mais ça je m'en fous (il vient sur Paris de temps en temps...). Comme moi, il aime faire du mal à de tous petits enfants et éplucher ses plantes vertes avec un pêle-oignon. Bref, Renaud, il est rafraîchissant.
- Etienne. Le dernier en date. Une maturité prononcée. C'est d'ailleurs à un près le seul de mes amis que je peux inviter dans toutes les configurations, quelques soient les autres invités, il s'adapte partout et reste lui-même. Certes il me bat au ping-pong et se permet des commentaires techniques déplacés sur les contre-performances de l'OM mais possède tant d'autres qualités par ailleurs que j'ai décidé de lui pardonner.
- Michel : c'est mon pote de quartier, et quand tu grandis avec quelqu'un dans le même quartier à Marseille, c'est... t'as plus besoin de faire le Viêt-Nâm quoi... on a quand même fait l'Europe de long en large, c'est le compagnon des virées-n'importe-quoi, qui par son naturel et son aisance constante met à l'aise tout le monde tout le temps.
- La fille. J'ai entendu parler de cette fille au moins un an avant de la rencontrer. Sa meilleure copine l'appelait "la chaudasse" à tel point que je me suis demandé un moment si ce n'était pas son vrai nom. Il s'est avéré que la meilleure copine en question a eu deux fois plus d'amants qu'elle, mais Lola elle pratiquait le chevauchement voire la polyandrie avec dextérité, avant de s'assagir puisqu'elle a désormais trouvé le bon. Je ne sais pas si tout ça fait d'elle une chaudasse, en tout cas c'est une fille qui assume ses désirs et dénie aux seuls mecs l'apanage d'une sexualité libérée. Ca ne l'empêche pas, en ce moment, de traverser une crise dans son couple et de se battre pour en faire une réussite. Lola est jolie, Lola est intelligente, Lola est drôle, même si Lola a besoin (va comprendre les filles) d'être confortée narcissiquement . Comme elle vit très loin, nous nous appelons de longue et longtemps. Lola je te n'aime.
- Tell. L'homme qui fabrique des supports en bois pour mettre des livres dessus. Sinon, il est régisseur, mais je ne sais toujours pas ce que ça veut dire. Comme il est allemand, on parle de philosophie. Plus jeunes (maintenant c'est un peu fini tout ça) on passait une après-midi dans un café à discuter de sujets tellement métaphysiques et inutiles que le temps de rentrer chez moi, c'est-à-dire de reprendre des repères pour se situer dans notre monde habituel, je ne savais plus de quoi on avait parlé. Mais c'est surtout un compagnon de beuverie. De bonnes beuveries qui te soudent une amitié, qu'après c'est même plus la peine de faire le Viêt-Nam.
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Michaël. Je ne sais même pas si il nous est déjà arrivé de se voir en plein jour ? En revanche je suis sûr qu'on a jamais eu une discussion sérieuse (i.e. : chiante) sur notre enfance, notre couple ou notre boulot. Comme quoi, on peut tisser des liens solides juste par la complicité nocturne, par des échanges qui nous confortent dans notre sensation d'être, toujours, en phase.
- Ameline. Je la place en dernier parce qu'avec elle tout n'est pas encore complètement net, il y a un truc pas réglé. Elle vit pas avec moi (déjà, la fille qui comprend rien à rien), pousse même l'outrecuidance jusqu'à vivre avec son mec, et, me semble-t-il, a envisagé un temps de l'épouser. Bref, du grand n'importe quoi. A part ça, elle allie grâce et esprit, prestance et finesse. Il se pourrait qu'elle soit insupportable à vivre, ce qui est de nature à faire d'elle et moi de bon-amis-sans-ambiguïté d'ici une petite dizaine d'années.
PS : chère Mina, je ne reviendrais pas sur les sombres moyens auxquels tu as eu recours pour trouver l'adresse de mon blog. Je sais qu'aujourd'hui t'en voilà toute contrite, et que tu cherches un moyen d'expier. J'ai la solution. Figure-toi que je compte bientôt raconter un certain réveillon qui a somptueusement dégénéré... (je suppose que tu vois de quoi je parle...) alors pour illustrer ce futur article, une photo de ta magnifique poitrine serait appréciée. Un petit geste pour toi, un grand bonheur pour mes lecteurs. Et comme ça on n'en parle plus. Bisous.
PPS : penser à changer le dossier ouvert sur mon bureau, c'est le même depuis deux jours.