Donc c'est top, mais c'est pas le tout. S'il n'y a que ça, l'épisode peut devenir délicat, voir pénible, lorsqu'on se réveille au petit matin, avec une gluante qui a dû s'enflammer pendant la nuit et qui vient se coller, voir se trémousser contre soi, alors qu'on ne perçoit plus chez elle que sueur et odeurs (on ne parle pas assez de ces moments très durs que peuvent vivre ceux qui n'ont pas la chance d'être amoureux). Donc le mieux, c'est de rajouter d'autres trucs au sexe, comme l'affection, la tendresse, c'est bien ça la tendresse, ça requinque après une bonne journée de boulot. Il y a aussi la complicité intellectuelle. C'est pas mal ça aussi, la complicité intellectuelle. Ca peut permettre de se sentir moins seul au monde. Eventuellement l'amour, mais bon, ça je m'en méfie, je vois pas trop ce que ça amène.
En fait, je me disais comme ça dans le métro lundi soir entre 19 et 20 h qu'on peut raisonnablement diviser les gens en deux catégories tout aussi honorables : les simples, ceux qui agissent avec spontanéité et naturel, et les complexes, dans lesquels je me rangerais pour peu qu'on m'y pousse un peu, ceux qui aiment bien se prendre la tête inutilement en se compliquant la vie (et pourtant, aurez-vous noté car vous êtes attentifs, même en me revendiquant complexe, j'adhère à cette manie de vouloir rendre le monde intelligible en le soumettant à une dichotomie simplissime... l'affaire est donc bien complexe) (et là bien sûr tu regrettes de t'être fait avoir par le titre et tu constates que te voilà embarqué dans un galimatias dont tu te demandes si tu vas aller jusqu'au bout, allez sait-on jamais peut-être que la déontologie de l'auteur le poussera à illustrer un peu plus avant l'audace de son titre).
Finalement, autour de moi, je constate des couples de simples et des couples de complexes : les alliances mixtes sont rares. Moi-même, avouerais-je, si la fille n'est pas complexe, je ne peux la valider. Lundi soir, donc, dans mon métro, après avoir produit auprès de moi-même la réflexion susdéveloppée, j'ai vu une créature stratosphérique, une fille parfaite, que j'ai eu l'occasion d'observer en faisant semblant de chercher mon chemin arrivé à ma propre station ; je n'étais pas le seul d'ailleurs : tout le monde semblait chercher son chemin ce soir-là. Eh bien je me suis dis, car je me dis des trucs tout le temps dans ma tête et parfois sur mon blog, qu'à défaut d'une parfaite entente intellectuelle, je m'ennuierais dès la deuxième soirée (ça m'a consolé. Et d'ailleurs j'ai rajouté à cette conclusion qu'elle avait beau être stratosphérique, elle ne devait pas être heureuse (passe que il y a pas de raison, non plus).
Par contre je ne m'ennuierais pas avec une créature de l'outre-espace, qui serait : sexuellement attrayante, techniquement au point, généreuse en tous points, insusceptible de mesquinerie ou de chafouinerie, dotée de recul et ayant accès au second degré, intelligente et drôle, et complexe. Bien qu'appartenant aux complexes, le bonheur ne me fait pas peur : je pense donc que je n'aurais pas peur si je croise sa route. D'ailleurs je n'ai pas peur.
Avec une petit pensée pour la route de notre bon Maître La Fontaine : "Aimer sans foutre est peu de chose, foutre sans aimer n'est rien"
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Ce soir, pour tout dire, je me suis un peu enflammé : juste en rentrant du boulot, comme ça à froid, j'ai tenté de réattaquer pour la 128° fois "